Comment prendre en charge les enfants « dys » ?

L’enseignement catholique lédonien a été le premier en Franche-Comté à créer une classe « Troubles du langage spécifiques » et des outils pour s’adapter à leurs troubles. Une pédagogie originale et novatrice qui porte ses fruits…

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Grâce à leurs tablettes numériques et à l'accompagnement de Marion Odic, ces élèves mettent toutes les chances de leur côté.

On parle beaucoup des enfants « dys ». Dyslexie, dysphasie, dyspraxie, dysorthographie, dysgraphie, dyscalculie, etc : autant de noms un peu barbares ayant pour point commun une ou plusieurs difficultés spécifiques, comme mélanger les lettres ou les lignes d’un texte, ou bien des chiffres (que ce soit à la lecture ou à l’écriture).
Bien difficile dans ces conditions d’envisager une scolarité épanouie…jusqu’à l’émergence d’une classe « TLS » (Troubles du Langage Spécifiques) à l’école De la Salle. Dans cet établissement de l’enseignement catholique lédonien, Marion Odic, enseignante spécialisée, prend en charge huit élèves provenant de classes de CE1 jusqu’au CM2.
Selon elle, tout l’enjeu pour ces enfants consiste à « avoir le même parcours scolaire que les autres », quant bien même on reste pour l’instant « dys » à vie. Les enfants concernés suivent donc un cursus normal dans leurs classes respectives, mais Marion Odic s’y déplace pour les épauler personnellement durant certains cours.
« Ils aiment bien y rester, et cela leur permet de ne pas être mis à l’écart et de favoriser l’inclusion » assure-t-elle.
En parallèle, les enfants bénéficient de temps où ils sont regroupés dans cette fameuse classe « TLS », une classe où ils bénéficient  à 100% de la présence de leur enseignante et d’outils spécifiques.
« Je m’attache aux obstacles qu’ils rencontrent, car ces difficultés s’avèrent différentes selon les enfants » : il s’agit donc de faire du sur-mesure pour revoir une notion non assimilée en classe, ou bien préparer à l’avance un cours de français ou de mathématiques qui serait délicat.

L’inclusion,  une priorité nationale

Pendant 45 minutes, il peut ainsi s’agir de lire de manière plus fluide un texte, identifier verbe et sujet dans des phrases, procéder à des calculs avec des nombres entiers, etc. « Des fondamentaux pour assurer la bonne poursuite de leur scolarité » assure-t-elle. Doublés d’un outil de compensation très efficace : une tablette numérique par élève, pourvue d’outils spécifiques…enviée par les autres écoliers.
Ainsi l’enfant ayant du mal à lire pourra être aidé par un dictionnaire phonétique par exemple, ou bien une police de caractères spéciale et cela marche… Selon Elisabeth Bassez, directrice des groupes scolaires Jeanne d’Arc et de la Salle, lors de la mise en place du dispositif à l’enseignement catholique lédonien il y a plus de 5 ans, il était « le seul en Franche-Comté ».
Heureusement que ce dispositif a été mis en place, car selon elle il y a beaucoup plus d’enfants « dys ». Des enfants qui déploient beaucoup d’énergie  pour effectuer des tâches anodines pour d’autres.
« Ces enfants donnent beaucoup plus que les autres pour arriver à un résultat similaire » explique-t-elle : une manière de dire qu’il convient de reconnaître leurs efforts.
Tout ce dispositif répond également à la volonté d’inclusion renforcée depuis la loi du 11 février 2005 : « Au lieu d’être placés dans des institutions spécialisées (classes ULIS, SEGPA voir Institut médico-éducatif), les enfants présentant des difficultés sont intégrés dans des classes ordinaires à temps complet ou partiel ».
Avec des résultats pour l’enseignement catholique lédonien : « Des enfants sortent de ce dispositif » relate Elisabeth Bassez, « et peuvent suivre ensuite au collège avec des plans d’accompagnement personnalisés (PAP) ».