Choisey : une nouvelle fouille archéologique à la ZAC Innovia

« On est dans un endroit unique en Franche-Comté », précise Christophe Cupillard, archéologue, devant le chantier archéologique débuté, à Choisey, depuis le mois dernier. Menée par l’INRAP (Institut national de recherches archéologiques préventives), la fouille archéologique en cours, sur la ZAC Innovia, devrait durer jusqu’à l’an prochain, pour permettre ensuite une extension du pôle. Alors que les opérations de décapage du terrain ont déjà débuté, les premières découvertes devraient, dans quelque temps, se désunir de la terre. Reportage.

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Menée par l’INRAP (Institut national de recherches archéologiques préventives), la fouille archéologique en cours, sur la ZAC Innovia, devrait durer jusqu’à l’an prochain, pour permettre ensuite une extension du pôle.

Un intérêt économique majeur

La ZAC Innovia accueillera bientôt une nouvelle base logistique. Dynamisant notre territoire (ou cherchant à le dynamiser…), ce lieu tente de favoriser les innovations. Après une entreprise élevant des insectes pour nourrir nos animaux de compagnie, une base logistique du groupe Colruyt sortira prochainement de terre.

« Le groupe d’origine belge a une politique environnementale très développée », justifie Claire Bourgeois-République, 2e vice-présidente du Grand Dole, en charge du développement économique. Produisant leur propre énergie renouvelable, le groupe Colruyt devrait innover dans ce sens à Innovia – notamment en lien avec l’hydrogène.

Abritant une demi-dizaine d’entreprises pour quatre à cinq cents salariés, le pôle Innovia verra son nombre de travailleurs doubler avec l’arrivée de cette base logistique. En revanche, souhaitant s’installer sur un lieu abritant des vestiges archéologiques – les archéologues doivent, en amont, intervenir.

Néanmoins, contrairement aux autres secteurs, celui fouillé actuellement, situé entre le canal et l’autoroute, devrait fournir des vestiges mieux conservés – puisque ceux vers le canal sont plus enfoncés dans le sol.

Dans le sillon d’anciennes fouilles archéologiques

Depuis les années 1990, non loin de Dole, plusieurs campagnes de fouilles archéologiques se sont succédé. Lors de l’aménagement de l’A39, les archéologues, à la recherche de témoignages du passé, précédèrent les voitures. En 2005, un diagnostic fut rapporté sur une surface d’environ soixante-dix hectares. Devant le potentiel archéologique de l’espace étudié, l’État prit un arrêté de fouilles.

En 2008 et 2009, puis en 2011, les archéologues fouillèrent déjà le sol sur les communes de Choisey, Damparis et Tavaux. Rapidement, des découvertes furent faites, telles les rares parures d’une sépulture féminine. Précieux d’un point de vue scientifique, les objets exhumés, contenus dans la zone proche de l’aéroport Dole-Jura, remontent jusqu’au Mésolithique (12 500 av. J.-C. à 9 600 av. J.-C.). Un véritable pôle archéologique qui permet au Grand Dole de rayonner culturellement…

Les plus de sept hectares du chantier devraient permettre, aux archéologues et aux historiens, d’affiner nos connaissances sur les hommes et leur environnement à la Préhistoire, ainsi que d’en comprendre les évolutions.

De nouvelles découvertes à venir…

Dans ce lieu, il y a « des occupations depuis 9 500 av. J.-C. », indique un archéologue. Néanmoins, contrairement aux autres secteurs, celui fouillé actuellement, situé entre le canal et l’autoroute, devrait fournir des vestiges mieux conservés – puisque ceux vers le canal sont plus enfoncés dans le sol. Par conséquent, ceux-ci subirent, au fil du temps, peu de perturbations liées aux activités agricoles.

L’apport scientifique pour l’histoire locale, du Mésolithique à la période antique, s’annonce conséquent. Les plus de sept hectares du chantier devraient permettre, aux archéologues et aux historiens, d’affiner nos connaissances sur les hommes et leur environnement à la Préhistoire, ainsi que d’en comprendre les évolutions.

En effet, cette fouille archéologique nous éclairera sur le rapport entre les habitats et les cours d’eau. Finalement, l’objectif ultime sera de saisir les relations entre l’homme et la nature, tout en proposant une évolution du paysage sur dix mille ans.

Strictement interdit au public, le chantier de fouilles permettra de compléter le puzzle de l’histoire. D’appréhender des questions sans réponses. D’analyser des ancêtres sans noms. De tenter de comprendre ce qui demeure inconnu.