Choisey : derrière la zone commerciale, un petit village dynamique et agréable

« Choisey, c’est beaucoup plus calme que ça n’a été », note une Cabotine. Située au sud-ouest de Dole, la commune jurassienne de Choisey bénéficie d’un certain dynamisme, en lien notamment avec ses zones commerciales. Comme séparé en deux, le territoire de cette localité abrite aussi un village où la quiétude est palpable. Sans discontinuité du bâti depuis Dole, petit arrêt dans la partie méconnue de Choisey.

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Le village se forma originellement ensuite autour de l’église, d’abord dédiée à saint Sulpice, puis à saint Antoine dès le XVIIIe siècle. La partie la plus ancienne de l’église daterait du XIIe siècle.

Proche géographiquement de Dole, cette localité de la communauté d’agglomération du Grand Dole offre un cadre de vie verdoyant à ses habitants, tout en leur permettant de bénéficier de toutes les commodités urbaines. Un village relativement dynamique, où une dizaine d’associations créent notamment du lien entre les Cabotins et les Cabotines.

Particulièrement atypique, ce gentilé, dont l’origine est discutée, pourrait renvoyer aux poissons éponymes. Cette interprétation est recevable, puisque comme le note Claude Jeunier, membre de l’association Choisey et son patrimoine, « les gens de Choisey étaient souvent dans le Doubs et connaissaient bien la pêche ». Une autre interprétation est aussi acceptable. Outre se faire remarquer, un cabotin peut aussi être « celui qui fait du théâtre, parce que les habitants de Choisey était toujours en procès avec les villes environnantes, surtout Dole », précise Claude Jeunier. Selon Sylvie Demont Prenat, conseillère municipale, un cabotin est « quelqu’un aussi qui ne se laisse pas faire ». Plusieurs interprétations sont donc possibles et cohérentes.

Au même titre, l’étymologie du toponyme n’est pas certaine. Celle la plus acceptée est liée à un homme latin qui s’appelait Causius et qui aurait donné son nom à cette communauté humaine. Une interprétation cohérente, puisque « Choisey comme Crissey ont gardé ce final « ey » qui vient de -iacum qui faisait partie d’une circonscription romaine », souligne Claude Jeunier.

Au fil des deux derniers siècles, comme dans de nombreux villages, la démographie évolua considérablement à Choisey. En 1793, le village abritait 473 habitants. La population stagna ensuite autour de 500 habitants pendant presque deux cents ans, avec des variations démographiques peu significatives. Dans la seconde moitié du XXe siècle, et plus précisément dans les années 1960, une augmentation rapide du nombre d’habitants fut constatée. En 1962 par exemple, 600 personnes vivaient à Choisey. Six ans plus tard, en 1968, 747 personnes y habitaient, soit une augmentation, dans cet intervalle, de 20 %. Cet accroissement démographique positif se poursuivit jusqu’au début du XXIe siècle. En 2014, 1066 Cabotins furent dénombrés. Il s’agit là de l’apogée démographique de Choisey, soit deux fois plus que deux cent ans plus tôt. En 2018, une légère baisse de la population de la commune fut néanmoins notée, puisque le village perdit une trentaine d’habitants en quatre ans.

Cette augmentation importante de la population depuis la seconde moitié du XXe siècle s’explique notamment par le développement des zones commerciales de Choisey. La proximité avec Dole, Saint-Ylie et Solvay contribuèrent probablement aussi à une augmentation de la population de cette commune.

Construite dans les années 1770 par les ursulines de Dole, cette ancienne maison seigneuriale abrite la mairie de Choisey. Acheté par la commune en 1837, ce bâtiment est inscrit partiellement à l’inventaire des Monuments Historiques depuis 1997.

Histoire et origine de cette localité

« Choisey, Chouisey, est un des plus anciens villages de la Séquanie. Son origine se perd dans la nuit des siècles », explique Alphonse Rousset. Une implantation préhistorique sur les terres de cet actuel village que confirment les sources archéologiques. Grâce à des fouilles sur le territoire de Choisey, il existe aujourd’hui des preuves d’une présence datant au moins du Mésolithique (vers 9600-6000 av. J.-C.). D’après les conclusions des fouilles, une présence antique est également attestée sur l’actuel territoire de Choisey. Une petite agglomération y aurait même existé, entre le Ier et le IVe siècle. Une communauté humaine, notamment préhistorique et antique, peu étonnante puisque Choisey se trouvait déjà sur un axe de passage assez important.

Au début du Moyen Âge (476-1492), les sources se raréfient à Choisey. Des sépultures de guerriers de l’époque mérovingienne (Ve-VIIIe siècle) furent néanmoins trouvées à Parthey.

Le village se forma originellement ensuite autour de l’église, d’abord dédiée à saint Sulpice, puis à saint Antoine dès le XVIIIe siècle. La partie la plus ancienne de l’église daterait du XIIe siècle.

Le village fut mentionné pour la première fois dans les sources écrites au XIIe siècle.

Une motte castrale médiévale existait sur l’actuel territoire de Choisey, plus précisément au-dessus de l’actuel chemin du Truchot, au bout de la rue des Nicottes. Un autre château, celui de Parthey, fut aussi édifié au Moyen Âge, vers 1285. La seigneurie de Parthey ne dépendait pas de celle de Choisey.

En 1603, la demeure des Matherot de la Barre (46, rue d’Amont actuellement) est dite seigneuriale. Une trentaine d’années plus tard, en 1634, Guyon Matherot, seigneur de la Barre, l’acquit. Les ursulines achetèrent cet édifice en 1755.

Au XVIIIe siècle, un autre château fut construit sur le territoire de Choisey. Situé dans l’actuelle rue d’Aval, le château de Menthon fut bâti entre 1701 et 1716 par Pierre Richardot, conseiller maître à la chambre des comptes de Dole.

À la fin du XVIIIe siècle, Parthey fut incorporé au territoire de Choisey.

Au XIXe siècle, l’église fut coiffée d’un clocher comtois. Celui-ci fut malheureusement démonté durant la Seconde Guerre mondiale, et plus précisément en 1943, sur les ordres des Allemands. Ceux-ci « craignaient que les bombardiers ne le percutent », note la municipalité. Dans cette église, un retable dédié à saint Antoine est conservé, ainsi que la dalle funéraire de l’écuyer de Rouhaut, seigneur de Choisey, décédé en 1404. Celle-ci est classée à l’inventaire des Monuments Historiques depuis 1906. Une statue en pierre de saint Roch du XVe siècle est également classée au titre d’objet à l’inventaire des Monuments Historiques.

Classée à l’inventaire des Monuments Historiques depuis 1906, une croix de chemin, la croix de la Ruchotte, portant la date de 1535, existe également sur le territoire de la commune.

Dans la seconde moitié du XXe siècle, Choisey devint un réel pôle économique. Aujourd’hui, trois zones commerciales peuvent être dénombrées à Choisey (celle de « Cora », celle des Gagnières et celle des Paradis). La construction de l’aéroport Dole-Jura, inauguré en 1970, et de l’autoroute A39, ouverte dans les années 1990, firent de cette commune un carrefour encore plus dynamique.

Une vingtaine de Cabotins décédèrent durant la Première Guerre mondiale, à l’instar de Jules César Auguste Grand (1871-1917) qui mourut le 14 août 1917 aux environs de Badonviller (54).

Les châteaux du village

Le château féodal est aujourd’hui disparu. « Il a été fouillé en 2013 et 2021. Même si les fondations du donjon n’ont pas été fouillées, deux fossés défensifs ont été mis au jour. En outre, les travaux laissent apparaître un four à chaux, un très bel ouvrage maçonné ressemblant à une cave et un ensemble de trous de poteaux, qui sont interprétés comme des bâtiments agricoles ou des dépendances du château, situé dans la basse-cour. On observe également un niveau de terre brûlée qui laisse à penser qu’il y aurait eu un incendie. Cette hypothèse est corrélée par le fait qu’une porte à moitié calcinée fut découverte en 1930 dans le versant est de la motte. Selon Rousset, le château aurait été détruit en 1479 par les armées de Louis XI.  Quoi qu’il en fut advenu, il semble que le château féodal ait été démantelé et qu’une partie de ses pierres taillées aient été réutilisées pour la construction de maisons cossues situées au n°8 et n°10 de la rue Casel », précise la municipalité de Choisey accompagnée de l’association Choisey et son patrimoine.

Le deuxième château du village, au lieu-dit de Parthey, existe encore. Construit à la fin du XIIIe siècle, ce château fut incendié en 1479 par Charles d’Amboise pour Louis XI. Au début du XIXe siècle, il fut décidé de raser les ruines du pont-levis et des remparts. Cette forteresse est en vente depuis 2015.

Le troisième château du village, celui de Menthon, fut élevé au début du XVIIIe siècle. La famille de Menthon le possède depuis 1801. Ce château fut néanmoins victime de l’occupation allemande durant la Seconde Guerre mondiale. Les occupants exigèrent que la toiture soit démontée. Une restauration de l’édifice fut donc ensuite nécessaire, de 1945 à 1960.

De nombreuses découvertes archéologiques…

De 1994 à 2021, des archéologues entreprirent plusieurs fouilles sur le territoire de la commune, notamment vers l’actuelle autoroute A39. Comme le précise la municipalité, « un campement avec foyers est attesté sur la rive droite du Doubs, au lieu-dit « Champins ». Une importante industrie lithique est découverte dans les strates. Au Mésolithique ancien ce sont 6543 silex qui sont découverts, contre 447 au Mésolithique moyen ». Des découvertes aussi diverses que variées.

Plusieurs nécropoles, datant d’époques différentes, ont été découvertes sur le territoire de Choisey. À l’âge du Bronze (vers 2200-800 av. J.-C.) par exemple, au lieu-dit « Champins », « une nécropole, composée de 10 tombes à inhumation et de 11 tumuli de 14 mètres de diamètre, a été mis au jour. Parmi les tombes deux d’entre elles attirent notre attention, puisqu’elles sont richement dotées », souligne la municipalité. De multiples fouilles archéologiques ont ainsi été menées comme à la grande villa de Parthey en 1994 ou au relais des voyageurs du carrefour de Gevry.

Au XVIIIe siècle, en lisière du bois Mangeroz, un buste en bronze de Diane fut aussi exhumé. Particulièrement précieux, celui-ci est aujourd’hui exposé au musée des Beaux-Arts et d’archéologie de Dole.

Véritable pôle archéologique, Choisey et les communes environnantes bénéficient de nombreux vestiges, notamment préhistoriques et antiques, ce qui rend accessible l’histoire lointaine de ces territoires.

La mairie et l’église de Choisey.

Un lotissement pour les seniors

Sur l’ancienne motte féodale, un lotissement sera bientôt en construction. Pour ce faire, pendant quelques mois en début d’année, des fouilles archéologiques furent réalisées sur l’emplacement du futur lotissement pour les seniors. Ces fouilles furent malgré tout partielles, puisque la partie où s’élevait autrefois le château féodal est située sous une habitation.

Devant débuter en fin d’année, les travaux pour ce lotissement devraient s’achever, d’après le calendrier prévisionnel, pour une inauguration au premier trimestre 2023. Douze logements de type T2 et T3, gérés par Grand Dole Habitat, permettront aux seniors « qui ne pourraient plus rester chez eux, mais qui aiment bien la commune, de rester et d’avoir accès à un habitat un peu plus adapté aux contraintes de l’âge », note Hélène Thevenin, maire de Choisey depuis juillet 2021.

 

Valoriser et dynamiser le village

Afin de dynamiser Choisey, d’autres projets sont actuellement en cours de réalisation. Celui s’intitulant « Cœur du village » en est sûrement le plus caractéristique. Un projet « qui consisterait en un aménagement de la zone centrale du village », précise Hélène Thevenin, avant d’ajouter : « de la rue d’Amont, jusqu’au château de Menthon, l’idée, ce serait d’optimiser le déplacement doux et de stopper en tous les cas ces stationnements le long des trottoirs qui ne sont pas très jolis et qui ne permettent pas une circulation optimale ». Un projet en réflexion qui ne verra pas sa réalisation avant le début du prochain mandat.

Autre grand projet pour Choisey : celui du pont sur le Doubs, sur la route de Villette-lès-Dole. Jugé aujourd’hui dangereux, ce pont a fait l’objet de plusieurs inspections. Le bilan est sans appel : le pont n’est plus sécurisé pour le passage des 19 tonnes. Il se limite donc aux 3,5 tonnes. Par conséquent, « les agriculteurs doivent faire des détours pas possible », constate la maire. « Donc, nous, on a la volonté de le repasser à 19 tonnes. On a un coût estimatif à 1 million d’euros », poursuit-elle.

Des caméras de vidéosurveillance seront aussi installées à Choisey en début d’année prochaine, au titre d’une commande groupée avec le Grand Dole. Un moyen de lutter contre quelques incivilités constatées à Choisey, comme des déplacements de zones de trafic de drogues. Des caméras qui empêcheront aussi à l’avenir les vols à répétition vers la salle des fêtes.

En parallèle, la municipalité propose plusieurs services à la population, à l’instar du dispositif gratuit « Alerte Citoyens » qui permet aux administrés de recevoir instantanément des informations relatives à la commune (alertes météo, kermesse de l’école…). En moins d’un an de fonctionnement, 23 % des Cabotines et des Cabotins se sont déjà abonnés.

Choisey est aussi un lieu où la nature s’éveille. Ainsi, dans une réserve naturelle, des guêpiers d’Europe sont visibles sur ce territoire. Le canal du Rhône au Rhin, ainsi que l’EuroVélo 6, font de Choisey un véritable lieu de passage.

 

Commerces et associations

Un lieu de passage que permettent aussi les trois zones commerciales présentes à Choisey. Au total, c’est plus de cinquante commerces qui y sont implantés. Le ratio population/emploi est donc important à Choisey, puisque pour 1 habitant, 1,75 emploi existe. Rien que dans le principal supermarché, Cora, quatre-vingts à cent personnes y travaillent. Une dynamique qui génère forcément un attrait pour la commune, notamment d’un point de vue des locations.

Sur le plan associatif, Choisey est aussi dynamique. La commune compte onze associations (les amis de l’accordéon, Choisey et son patrimoine, l’amicale de la pétanque, le comité des fêtes, le foyer rural, l’association sportive, cyclo club, Zik en Noue, les anciens combattants, ACCA association de chasse et l’association des parents d’élèves).

Des manifestations sont ainsi organisées, comme les célèbres puces du 1er mai, des représentations théâtrales ou encore le festival Zik en Noue.

Le village compte aussi une école maternelle et primaire accueillant actuellement un peu moins de cent élèves.

L’étymologie du toponyme n’est pas certaine. Celle la plus acceptée est liée à un homme latin qui s’appelait Causius et qui aurait donné son nom à cette communauté humaine.

Entre zones commerciales et vieux village, Choisey est une commune dynamique dans laquelle il fait visiblement bon vivre.

 

Pour aller plus loin : bibliographie non exhaustive :

ROUSSET Alphonse, MOREAU Frédéric, Dictionnaire géographique, historique et statistique des communes de la Franche-Comté (…), Bintot, imprimeur-libraire, Besançon, tome II, 1854, pp. 148-156.

Anthony SOARES

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