Chez Oasis, on se remonte les manches !

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Après avoir déplacé l’Escale et la friperie en 2015, le conseil d’administration de l’association a décidé d’entreprendre la rénovation du bric en 2016. Un projet en trois phases, dont la deuxième a été inaugurée fin septembre. Focus sur une association dont la vie n’a pas été de tout repos…

Depuis 2015, les réalisations d’importance pour l’association Oasis, organisme d’accueil au service des isolés, se succèdent. Au printemps de cette année-là, l’hébergement l’Escale a quitté la rue Ponard à Montmorot car le bâtiment ne répondait plus aux normes et était devenu insalubre à cause de gros problèmes d’humidité. Il se situe désormais toujours à Montmorot, mais rue Sommier, et ses logements ont été entièrement rénovés par l’OPH.

En été 2015, c’était au tour de la friperie de sortir de sa cave du cours Colbert pour un magasin beaucoup plus aéré avec de larges baies donnant sur le carrefour de la Libération à Lons-le-Saunier.

 

Une tente marabout au départ

Il restait donc à l’équipe d’Oasis le bric. Le conseil d’administration a décidé d’entreprendre sa rénovation au printemps 2016 et en même temps l’agrandissement de ce bâtiment. « Que de chemin parcouru depuis 1984, année où Caroline et Claude installent une tente marabout sur ce terrain loué à la ville pour fournir une activité aux personnes accueillies chez eux à Montmorot », rappelait le président, Gérard Guyot, lors de l’inauguration du bric fin septembre.

L’activité principale était alors le tri de bouteilles de verre repris par un marchand de boisson. En 1986, le terrain était acheté, un hangar métallique monté et une équipe de bénévoles participait à l’aménagement intérieur du bâtiment. Le ramassage des cartons auprès des commerçants s’organisait avec le soutien de la ville, une presse était prêtée par le repreneur pour la mise en balle. Les apports volontaires se faisaient de plus en plus nombreux. Le tri était effectué dehors, les objets valorisables exposés et mis en vente au rez-de-chaussée et les vêtements à l’étage. En 1996, un premier chauffage était installé qui tempérait quelque peu les lieux.

 

La catastrophe !

 

« En 1998, une première extension est réalisée pour pouvoir installer une cuisine et la salle de restauration, emplacement actuel », poursuit Gérard Guyot. En 2001, le tri pouvait être réalisé à l’abri grâce à l’auvent et la mezzanine était construite.

En 2007, Oasis proposait au lycée Le Corbusier d’être maître d’œuvre pour la construction de sanitaires, vestiaires et réserve alimentaire, « un projet fort apprécié par les élèves qui ont pu voir se réaliser le travail fait en classe ». Mais l’année suivante, catastrophe… Un incendie dans le stock de carton détruisait une partie du bâtiment ainsi que la presse. Malgré tout, le ramassage de carton se poursuivait. Il était donné à la SEITA pour être conditionné.

En 2009, le bâtiment était reconstruit, une nouvelle presse achetée. L’activité de pressage pouvait reprendre, mais l’association était fragilisée financièrement. Oasis se voyait obligée de se mettre en redressement judiciaire. « En se serrant les coudes, en trouvant un meilleur débouché pour le carton, grâce à tous ceux qui ont toujours soutenu Oasis et plus particulièrement les commerçants avec les contrats carton ainsi que les particuliers pour leurs apports divers, Oasis a retrouvé un second souffle et est sorti du redressement judiciaire », rappelle son actuel président.

 

 

Vers une extension sur le terrain de l’Afpa 

Nous revoici en 2016. Les finances étaient alors saines. Le projet de rénovation pouvait donc être lancé. Un permis de construire était déposé pour un projet comprenant trois phases : le changement de la toiture qui était en fibrociment donc contrainte amiante, l’extension sur le devant et la rénovation du bâtiment existant, l’achat de terrain à l’Afpa pour une extension sur celui-ci. « Franche Comté active et le Crédit mutuel ont participé au montage financier, l’Ademe et le Feder l’ont accompagné à hauteur de 55 %. Tout semblait beau, trop beau, explique Gérard Guyot. Ces deux années ont été bien compliquées, les nerfs et la santé de quelques personnes ont souvent été mis à rude épreuve car tout ne se déroulait pas si bien. » En cause notamment, deux changements de direction sur lesquels il n’est pas utile de s’étendre.

La troisième phase a pour l’instant été laissée en sommeil pour pouvoir terminer cette deuxième phase, inaugurée fin septembre, et parce qu’elle passe par l’achat du terrain appartenant à l’Afpa.

« Le projet initial va être réévalué au regard des éléments techniques de gestion d’activités (flux, surfaces), des moyens humains et financiers », concluait Gérard Guyot.