Chasse : une année record pour le grand gibier

Le sanglier affiche une forme insolente, en particulier dans le nord Jura. Ses dégâts sur les cultures aussi, ce qui a conduit la fédération de chasse à rembourser 100.000 € de plus aux agriculteurs.

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La chasse draine toujours 8.000 passionnés dans le Jura.

 

 

 

« Il ne s’est jamais prélevé autant de grand gibier » : lors de l’assemblée générale de la Fédération de chasse du Jura, qui a récemment rassemblé plus de 600 passionnés à Lons, le président Christian Lagalice a fait le constat d’une très bonne cuvée. « 11.000 grands gibiers ont été prélevés en 2018 », un bon ratio pour les 8.000 chasseurs du Jura.
Parmi eux, la palme revient aux sangliers (5.500 spécimens) en raison de la croissance constante de leur population. « Les glands (qui constituent en quelque sorte leur « pain quotidien » N.D.L.R.) ont poussé de manière considérable et consécutives ces dernières années » a expliqué Christian Lagalice, ce qui augmente le taux de fécondité des femelles. Des femelles parfois épargnées par les chasseurs (ainsi que les reproducteurs) pour accroitre le cheptel de « cochons »…
Ce qui ne va pas sans poser problèmes, puisque les dégâts liés à leur surpopulation ont eux aussi proliféré : la Fédération de chasse a ainsi du débourser 475.000 € en 2018 pour indemniser les agriculteurs impactés (+ 100.000 € par rapport à 2017). Par un « vote responsable » lors de l’assemblée générale, les ACCA (association communale de chasse agréée) où les dégâts augmentent (le nord Jura, en particulier la plaine doloise et la Val d’Amour) ont endossé le principe d’une quote-part supplémentaire à verser.

Jour de chance pour un chevreuil…

 

 

Le cerf « Vincent » toujours de ce monde

Le réchauffement climatique aussi semble favorable aux suidés, puisque les hivers cléments permettent aux marcassins de connaitre une moindre mortalité, tout comme pour d’autres espèces, le cerf par exemple. Le cerf « Vincent », considéré comme un des plus vieux cerfs de la forêt de Chaux semble d’ailleurs toujours de ce monde, puisque ses cors (18 et non plus 20) ont été retrouvés début avril. Si les effectifs baissent dans cette forêt, « le cerf s’étend dans tout le département » constate le patron des chasseurs. Ce qui pourrait peut-être (r)amener vers la chasse ceux qui avaient posé le fusil, ou qui n’ont pas encore leur permis (le Jura compte pour l’instant 240 à 250 candidats par an)…

Les sangliers se portent bien : ici une bête de 164,2 kg prélevée à Conliège à l’ouverture 2018.

La sécurité prime toujours

On connaissait les chasseurs de battue en tenue « fluo ». Désormais, les chasseurs solos devront aussi porter un accessoire fluo (qui était seulement conseillé auparavant). Selon Christian Lagalice, aucun accident grave n’a émaillé la saison de chasse 2018-2019.
La sécurité se décline aussi le long de certaines routes : dans certaines zones où le gibier passe souvent, la fédération a investit dans des piquets munis de réflecteurs qui effarouchent le gros gibier lorsque les phares d’une voiture passent.
Leur « efficacité spectaculaire » est hélas pondérée par les vols d’irresponsables les revendant sans doute à la ferraille…