Charly Reymond revient sur ses 20 ans de Festi’rêves

Programmateur et cheville ouvrière du festival nozéréen destiné au spectacle vivant, il revient sur ses plus belles années, a l'heure où cette belle aventure humaine semble compromise, faute de bénévoles.

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La chaleureuse salle du théâtre Charles Vauchez, où de nombreuses représentations eurent lieu.

Né à Genève en 1938, Charly Reymond se fit remarquer dans le cyclisme amateur où il gagna de nombreuses courses. Il fut entre autres sacré champion genevois junior en 1955. Après avoir débuté sur le marché de l’emploi comme employé de commerce, il trouva sa véritable vocation : devenir éducateur auprès des jeunes. Il se forma à l’ école d’animateurs socioculturels, avant d’occuper des postes de direction en centre de loisirs à Genève, puis à Neuchâtel, et ensuite Renens, près de Lausanne et Genève avec des retraités. Tout ceci avant d’arriver en France : « Dès 1986, j’ai acheté une ferme à Censeau que je restaurai tout en continuant de travailler en Suisse. Je me suis installé en 1990 et pendant 17 années comme brocanteur antiquaire à Censeau. Dès mon arrivée dans ce village, j’ai rapporté des spectacles de Suisse qui ont été joués au foyer rural, et à la maison du temps libre. Mais surtout et fort de mon expérience auprès des jeunes, j’ai mis en scène des spectacles avec des élèves des écoles de Censeau, Cuvier, Nozeroy, Mignovillard, qui ont été joué pour les parents d’élèves et dans un festival en Suisse dont j’étais le fondateur. Fin 1990, j’ai adhéré à l’association « Anim’Censeau » et en 2001, le premier « Festi’rêves » a été organisé afin de faire revivre le théâtre, qui depuis la création de la maison du temps libre était quelque peu tombé dans l’oubli. Le premier festival organisé par Anim’ Censeau et la troupe théâtrale des Va t’en rêves se déroula sur deux week-ends. Ce sont des artistes locaux qui ont animé celui-ci. Dès le début, je me suis occupé de la programmation. Connaissant de nombreux artistes en Suisse, et allant voir de nombreux spectacles dans la région, tout cela m’a bien aidé. Tous les ans, je me rendais aussi au Festival d’Avignon et à Chalon dans la rue où j’ai recruté bon nombre de spectacles de tout genre. Il faut dire que la réussite du festival est dû à la fidélité, dès le début, du public et à l’engagement des bénévoles des deux associations ».

Quel avenir pour le théâtre Charles Vauchez ?

« Mais tout cela a un temps, et à 80 ans bien sonnés, je n’ai plus envie de m’investir entièrement dans cette belle aventure. Après 20 ans de fonctionnement, une certaine saturation s’est aussi installée. Les membres d’Anim Censeau dont la majorité était là dès le début, (une quarantaine), ont aussi pris de la bouteille et leur renouvellement fût modeste. Il ne faut pas oublier également que l’avenir du théâtre Charles Vauchez est incertain. Sa gestion étant basée sur le bénévolat intégral ne saurait durer indéfiniment. L’association Anim’Censeau, qui était présidée pendant plus de 20 ans par Alain Girard, devra face à cette situation entreprendre une réflexion sur ce que deviendra ce théâtre. J’espère que le Festi’rêves ainsi que de nombreuses animations pourront continuer à animer Censeau encore de nombreuses années. Même sans nous, le théâtre Charles Vauchez continuera de « briller », mais il faudra sans doute soulever quelques montagnes avant d’y parvenir ».

 

Charly Reymond, cheville ouvrière du festival Festi’Rêves.