Un avenir budgétaire incertain

Malgré ses bons efforts de gestion, la ville attend toujours des lendemains qui chantent. En cause, la suppression de la taxe d’habitation et la baisse des ressources forestières entre autres. Les prospectives 2020 ont été présentées lors du débat d'orientation budgétaire 2020.

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Malgré les sécheresses, la centrale hydroélectrique de La Roche rapporte 3 à 4 fois plus que la forêt communale.

Si la suppression de la taxe d’habitation fait beaucoup d’heureux, elle risque d’impacter le budget de Champagnole. Face au flou artistique entourant « la compensation à l’euro près » évoquée par Emmanuel Macron, Guy Saillard s’est déclaré « très inquiet ». « Les compensations de l’état sont rarement évolutives à la hausse, et si de nouveaux habitants s’installent à Champagnole, comment seront-ils compensés ? ». Autre inquiétude : désormais beaucoup de subventions sont fléchées. Impossible par exemple d’en affecter certaines à la voirie, qui constitue « la préoccupation première des concitoyens » selon le maire. Seules solutions : « limiter les investissements à 800.000 € par an, et un travail quotidien pour faire des économies » sur le budget de fonctionnement. Voire envisager « des investissements qui rapportent » : le service de portage à domicile de repas pourrait constituer une piste en ce sens, puisque des demandes émanent de villages plus lointains que ceux actuellement desservis ( Saint-Germain en Montagne, Cize, Ney, etc.). Le débat d’orientation budgétaire présenté par Pascal Tissot, adjoint aux finances, a été entériné sans hausse de la fiscalité et avec une stabilité de la dotation globale de fonctionnement. Après que « l’état nous ait coupé les ailes » sur ce point a fait remarqué Clément Pernot : – 700.000 € de recettes par an, et environ – 4 millions € sur la mandature.

La forêt ne rapporte plus

“Ça eût payé” : avec un brin d’humour, Guy Saillard a résumé la conséquence de la situation catastrophique des forêts communales, comme tant d’autres dans le Jura. D’après Pascal Grenier, adjoint aux forêts, les épicéas (et dans une moindre mesure les sapins) sont touchés par des insectes ravageurs (les scolytes), tandis que les frênes sont malades de la chalarose (champignon invasif originaire d’Asie) : « 2.500 m3 de bois malades ont été coupés en 2018-2019 ». Pour limiter une chute des cours, la ville réduira les coupes d’environ 30%, qui seront compensées par des invendus de l’an dernier entre autres. De manière générale, l’idée sera de couper les bois malades et d’épargner les bois secs. Mais selon Guy Saillard « il ne faut plus se voiler la face » : avec seulement 50.000 €/ an environ pour une forêt de 789 ha (dont la moitié environ de bonne qualité), il ne faut plus compter sur le bois pour équilibrer le budget municipal, à la différence de la centrale hydro-électrique de La Roche, qui génère 150 à 200.000 € de recettes par an. De quoi « remercier les anciens », et peut-être envisager d’autres projets en ce sens ?