Ceta, Mercosur : les traités internationaux maltraités

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Le collectif "Stop Tafta-Ceta" a remis des pétitions à la permanence de Danielle Brulebois, députée du Jura.

Derrière ces acronymes se cachent d’énormes enjeux ont déclaré les opposants à ces deux traités internationaux, basés sur le libre échange, et impliquant donc une ouverture réciproque et croissante des marchés. Le collectif « Stop Tafta-Ceta » (rassemblant une douzaine d’associations, syndicats ou partis) a mené le 11 juillet une campagne d’information pour expliquer les dangers encourus par l’Europe : « L’ouverture de l’Europe au marché canadien favorisera l’importation de produits tels que le bœuf aux hormones, les céréales avec OGM ou traitées avec des produits phytosanitaires, etc ».
Laura Rodriguez, porte parole du collectif a enfoncé le clou, en expliquant que ce traité cautionnerait un modèle économique inacceptable (fermes usines, gaz de schiste, etc.). « Le Ceta donnera tout pouvoir aux multinationales » a-t-elle conclu, puisqu’il assoirait la primauté de tribunaux d’arbitrage sur les tribunaux internationaux.
Environ 650 pétitionnaires ont voté contre son adoption, pétition remise aux parlementaires jurassiens. Même inquiétude du côté de la FDSEA et des jeunes agriculteurs du Jura : début juillet, ils ont manifesté devant la préfecture à Lons-Le-Saunier pour dire leur farouche opposition aux accords entre l’Europe et le Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay). Pointant là aussi du doigt le « bœuf aux hormones, le poulet à l’eau de Javel et le soja aux substances interdites » qui risquent d’envahir l’Europe, ils ont prévenu : « Après 20 ans de discussions, les consommateurs européens vont enfin pouvoir goûter des produits industriels de fermes géantes, où l’usage de produits phytosanitaires ou de médicaments vétérinaires interdits en Europe est monnaie courante ». Ceci en échange d’exportations facilitées « de voitures, de pièces détachées, de produits chimiques, d’armes, qui se font sur le dos de notre modèle agricole ».