C’est dans les tuyaux

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Visions d’Eskandar

Dans « La bataille d’Eskandar » qui s’était déroulée sous vos yeux en 2017, une femme rêvait d’un séisme qui anéantirait les méchants huissiers qui lui collaient aux basques. Et son rêve était si fort que les draps s’en souviennent. Non, pardon : son rêve était si fort que la catastrophe avait fini par advenir, les obligeant, elle et son fils de huit ans et demi, à emprunter des chemins de traverse dans une ville brusquement et irrémédiablement plongée dans le chaos…

Dans ces « Visions d’Eskandar » qui frapperont vos rétines cette saison, le petit garçon a bien grandi, puisqu’il est devenu architecte – mais pas bourgeois-bohème pour autant : en pleine crise existentielle, face aux bouleversements politiques et écologiques qu’il pressent, il se met à imaginer le monde de demain. Et quoi de mieux, pour penser aux formes que ce monde pourrait ou devrait prendre, que d’habiter à Eskandar, cette ville qui est comme une page blanche ?

Fidèle à ses obsessions que sont le deuil, l’oubli, la marge ou la colère, Samuel Gallet a écrit une partition pour trois comédiens et deux musiciens. A la croisée du théâtre, de la performance et du concert, alternant vrais morceaux et dérives électro-acoustiques, « Visions d’Eskandar » offre à ses personnages la possibilité de dire, d’incarner, d’expliquer, d’invectiver et même de chanter – quand la parole ne suffit plus et que seule la musique peut prendre le relais. Du reste, au fur et à mesure que la nuit tombera sur Eskandar, tous les protagonistes parsèmeront le plateau d’objets lumineux divers et variés jusqu’à saturation complète de l’espace. Et c’est donc là, dans cet éclat profus, ce scintillement général, ce miroitement infini, que vous pourrez enfin découvrir à quoi ressemblera votre futur…

Le mardi 3 décembre, à 20 h 30, à La Fabrique, à Dole. Dès 12 ans. Durée : 1 h 15. Tarif plein : 17 euros. Plus d’informations au 03 84 86 03 03.

Le plus : café-philo par S. Haslé sur le thème de « La Ville ». En partenariat avec Les Amis de la Clairière en Chaux, vendredi 29 novembre, à 20 h 30, à l’Hôtel Communal de la Vieille Loye.

Le Jura à travers les peintres

Ce mardi 19 novembre, à 18 h 30, la salle Herzog à la mairie de Poligny accueille une conférence de l’Université Ouverte sur le thème : « L’identité du Jura au XIXe siècle à travers le regard des peintres ». Elle sera animée par Sylvie de Vesvrotte, conservatrice des antiquités et objets d’art du Jura.

A travers les dessins et tableaux transmis par les artistes francs-comtois ou ceux qui ont visité la région au XIXe siècle, se perçoivent des caractères identitaires et spécifiques du territoire comtois. Chacun, par sa sensibilité propre, a exprimé son émotion devant des sites, un patrimoine, une histoire séculaire, des traditions rurales. Les sujets des artistes témoignent de la perception de l’identité du Jura, au seuil du déséquilibre entre villes et campagnes et d’une centralisation inéluctable des décisions des gouvernements qui se succèdent. Les témoignages laissés par les artistes ont contribué à stimuler la découverte du territoire comtois au milieu du XIXe siècle au moment où s’organise le tourisme dans les régions françaises.

Entrée gratuite.