C’est dans les tuyaux

147
L’affiche est une création de l’artiste Nathalie Novi.

« Claudine, l’impertinente » au Boeuf

Le prochain grand rendez-vous du Théâtre de la Petite Montagne aura lieu samedi 9 novembre, à 20 h 30, au Bœuf sur le Toit, à Lons-le-Saunier. Il s’agit de « Claudine, l’impertinente », une adaptation de « Claudine à l’école » de la grande écrivaine Colette.

Ce sont plus de cinquante personnes qui seront sur scène : choristes, musiciens, comédiens amateurs et une classe du lycée Mancy. Une coréalisation avec l’association Prodij qui gère le Bœuf sur le Toit. Claudine est campée par Marie-Ange Gontara, comédienne-chanteuse. Claudine, c’est aussi la voix de la comédienne Christelle Tarry, avec les musiciens Hervé Frémeau, Sylvie Huvier et Rohal de Ridder. L’affiche est une création de l’artiste Nathalie Novi.

Réservation en ligne sur le site du Bœuf sur le Toit.

Adaptation de Roselyne Sarazin. Voici une lecture dépoussiérée de « Claudine à l’école » dans une mise en scène gaie et légère adaptée et interprétée par la Compagnie du Théâtre de la Petite Montagne. Claudine, campée par une Marie-Ange Gontara d’une grande fraîcheur, est une élève surdouée qui entraine sa classe à toutes les facéties et mène les adultes « par le bout du nez » ; espiègle à souhait elle nous invite à regarder la vie quotidienne d’une classe de jeunes filles : les cours de chant, de couture, de dessin, où se mêlent curiosité et paresse, où l’on fait mille bêtises dans le dos du professeur. Claudine s’amuse, rit, se moque, se fâche ; Claudine observe et s’épanche aussi par la voix de Christelle Tarry. C’est l’âge des premiers émois, où il est question d’homosexualité féminine. On y voit également le comportement douteux d’un adulte ayant autorité au sein de l’école. Néanmoins le moment est joyeux et enlevé, soutenu par des chansons écrites et composées pour l’événement, interprétées par un chœur éphémère d’une trentaine de personnages que dirigera Claudine. Hervé Frémeau signe la plupart des musiques qu’il interprète en direct avec Rohal de Ridder aux percussions et Sylvie Huvier à la flûte. On y découvrira des instruments réalisés par des artistes poyaudins, tel le Udu, l’argilophone, les flûtes et même la cloche de l’école.

Car l’histoire de Claudine se passe en Puisaye, pays de potiers et pays natal de Colette. Dans cet ouvrage paru au tout début du XXe siècle, elle parle des premiers émois de l’adolescence, de l’homosexualité féminine, du comportement douteux d’un adulte ayant autorité au sein de l’école. Nous avons tous en mémoire quelques mots de Colette, un titre, une image de son jardin en fleurs, une histoire sulfureuse, sa voix reconnaissable entre toutes avec son accent bourguignon. Les Lédoniens ont aperçu ou visité le chalet « Colette » au sein du lycée Mancy. Un chalet qui d’ailleurs appartenait à la famille de son premier mari, les Gauthier-Villars. Elle y vint peu avec Willy, préférant savourer la douceur de vivre dans sa maison des Monts-Boucons sur les hauteurs de Besançon où ils vivaient la moitié de l’année. C’est lui qui va l’engager à écrire ses souvenirs d’école, sur des petits cahiers d’écolière, qui les retouchera et les signera. Le succès des « Claudine » est retentissant dans les années 30. Il est comparable à ce que nous voyons aujourd’hui avec Harry Potter : pour être « à la mode » on porte le « col Claudine », une multitude d’objets usuels à l’effigie de Claudine apparaissent, puis une première adaptation au cinéma. Mais l’auteure ne sera connue que beaucoup plus tard, après son divorce, quand elle signera « Colette ». La vie de Sidonie-Gabrielle Colette sera comme une succession de romans. Son histoire est dans ses ouvrages, tout simplement : une cinquantaine de titres sont célèbres. Amie des poètes et des musiciens, première femme à présider le Prix Goncourt, elle écrira jusqu’à sa mort en 1954.