Ces premiers Jurassiens qui rejoignent le général De Gaulle

Bernard Saint Hillier, Edgard de Larminat, Roger Gardet, André Henry rallient la France libre.

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En 1940, Bernard Saint Hillier a 28 ans. Il sera en première ligne sans discontinuité : Érythrée, Syrie, Bir Hakeim, Égypte, Tunisie, Italie, débarquement de Provence, campagne des Vosges et d’Alsace, massif de l’Authion. © Ordre de la Libération

Été 1940 dans le Jura. Le pays est groggy après deux mois de tragédie : la débâcle, l’exode, la défaite. Les évènements s’enchaînent : Appel du 18 juin, armistice avec l’Allemagne et l’Italie, Mers el-Kébir, le vote des « pleins pouvoirs au maréchal Pétain et autres calamités. À Lons-le-Saunier, le 14 juillet, le préfet Alfred Golliard tient à marquer le coup de la fête nationale et organise une cérémonie au monument aux morts. La ligne de démarcation coupe le Jura en deux et les passeurs sont déjà en action.

Loin du pays, des Jurassiens font le choix de rallier le général de Gaulle. Voici quelques exemples. Le dolois Bernard Saint Hillier est lieutenant dans une unité appelée à devenir célèbre : la 13e demi brigade la Légion étrangère. Il a combattu à Narvik, en Norvège, et son unité est encore en Angleterre à la fin du mois de juin. Il choisit l’engagement dans la France Libre.

Edgard de Larminat est en poste en Syrie. Il essaie d’entraîner ses collègues dans la France Libre. Mal lui en prend, le colonel de Larminat est arrêté et embastillé à Damas. Il réussit à s’évader et gagne la Palestine. Il prend rapidement des responsabilités au sein des Forces françaises libres.

Compagnons de la Libération

Le capitaine Roger Gardet est au Cameroun quand il rejoint la France Libre. Il retrouve assez vite un certain capitaine Leclerc avec lequel il participe à la prise de contrôle de plusieurs territoires de l’empire colonial. De Larminat, Saint Hillier et Gardet seront de tous les combats de la France Libre et seront faits Compagnons de la Libération. Roger Gardet est inhumé à Chevigny et Edgard de Larminat à Montain.

André Henry connaît une autre destinée. Natif de Fraisans, André Henry participe à la campagne de France. Blessé, il réussit à s’embarquer à Dunkerque dans des conditions tragiques. Inapte au combat à la suite de ses blessures, il choisit pourtant de rester à Londres et s’engage activement dans la France libre. Affecté comme dessinateur industriel dans une usine d’armement, il est tué à Londres le 9 septembre 1940 au cours d’un bombardement. Il est inhumé en Angleterre. Il a également été fait Compagnon de la Libération.

JCB