Cafés, hôtels, restaurants : les réactions à leur « S.O.S »

Le groupe Pernet, grossiste en boissons employant une centaine de salariés, s’estime en danger de mort, tandis que la députée (LREM) Danielle Brule bois s’est déclarée favorable à une réouverture de ce pan économique en voie d’extinction.

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Après avoir traversé deux guerres mondiales, la grippe espagnole et de multiples cataclysmes économiques, le groupe Pernet (ici son directeur, Stéphane Pernet) se bat pour ne pas disparaitre après 116 ans d'activité.

La « marche des sacrifiés », qui a rassemblé 300 à 400 cafés, hôtels, restaurants, ainsi que leurs fournisseurs, dans les rues de Lons-Le-Saunier le 24 novembre a montré l’urgence d’un plan de survie pour le secteur. Une urgence soulignée par  le groupe Pernet, grossiste en boissons depuis pas moins de 116 ans, et basé à Perrigny (39) mais rayonnant sur toute la grande région. Avec après surmonté depuis 1904 la grippe espagnole (et ses quelques 240.000 morts estimés en France),  les deux guerres mondiales, mai 68, les chocs pétroliers, les « vendredis noirs » boursiers et toutes les crises économiques, le groupe familial rassemblant Jura boissons et  Pernet-Thévenin va t-il mourir de la Covid ou de sa gestion sanitaire ? Selon Stéphane Pernet, directeur du groupe, « Nos premiers clients, les bars, bistrots, restaurants, organisateurs d’évènements sont sévèrement touchés depuis le printemps dernier et avec eux, nos entreprises qui sont totalement dépendantes d’eux (80% du chiffre d’affaires, les 20% restants relevant des particuliers). Selon l’enquête d’un cabinet économique réalisée après la mise en œuvre du 2ème confinement, « la crise du coronavirus pourrait entrainer la fermeture de 2 établissements sur 3 dans le secteur de l’hôtellerie-restauration. ». Ce chiffre est glaçant et signerait aussi la mort de nos entreprises ! L’activité partielle, l’accès au fonds de solidarité jusqu’à 10 000 euros par mois, réservé à certains, ou encore le recours aux PGE (prêts garantis par l’Etat) ne suffiront pas à sauver nos entreprises d’une faillite certaine. Nos entreprises, souvent le fruit de trois générations de travail, de sacrifices et d’investissements, font la richesse de nos territoires, sont en temps normal créatrices de valeurs et d’emplois et ne sont pas délocalisables ».

« Les assureurs grands absents du mouvement de solidarité national »

Le groupe  appelle à la mise en place d’un véritable plan de survie : des mesures d’activités partielles actuelles maintenues, sans conditions, sur 2021 ; l’exonération des charges sociales patronales rétroactivement sur toute l’année 2020, quel que soit les tailles d’entreprise, aussi longtemps que les contraintes et restrictions sanitaires perdureront ; la possibilité d’étendre les échéances de remboursement des PGE sur 10 ans », etc. Enfin, le groupe Pernet pointe du doigt  « les banques et les acteurs de l’assurance…/… qui sont aujourd’hui les grands absents du mouvement de solidarité national ». Danielle Brulebois, députée du Jura, s’est exprimée le 24 novembre par communiqué sur ce sujet brûlant : « Les restaurateurs, barmans, grossistes, fournisseurs, producteurs, viticulteurs, brasseurs de tout le département sont en grande souffrance. Leur survie est en jeu malgré les aides financières importantes mises en place et prolongées par les dernières lois de finances : chômage partiel, PGE, fond de solidarité, exonération de charges , aide au loyer… L’amélioration de la situation sanitaire encourageante doit maintenant permettre de donner une perspective pour la réouverture rapide des espaces de restauration ».