CAC 40, l’âge de raison ?

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CAC40

Vingt et un an, il aura fallu attendre 21 ans pour que le CAC 40 retrouve ses niveaux de l’an 2000. A l’époque la monnaie était le Franc, le Président s’appelait Jacques Chirac et les stars de la cote étaient France Telecom et Alcatel. Nous avions tous peur du fameux Bug (de l’an 2000) qui n’est finalement jamais arrivé et nous n’aurions jamais imaginé qu’un virus allait paralyser notre vie quotidienne, clouer aux sols tous les avions du monde et transformer notre économie et notre société pour toujours 21 ans plus tard.
21 ans c’était l’âge de la majorité en France avant 1974 et c’est l’âge à partir duquel on peut consommer de l’alcool aux États Unis (c’est encore l’âge de la majorité dans le Mississipi). Est-ce l’âge de la maturité pour notre principal indice boursier de la place de Paris ?
Un peu d’histoire : souvenez-vous de la date de création du CAC 40 ? Petit indice le Président américain s’appelait Ronald Reagan et Moët Hennessy et Louis Vuitton fondait le groupe LVMH dirigé par Bernard Arnault. Vous aurez bien-sûr reconnu l’année 1987 avec une entrée en vigueur le 15 juin 1988, l’indice phare de la bourse de Paris a donc été épargné par le krach de 1987 qui a eu lieu aux Etats-Unis en octobre 1987… 3 mois avant la décision des premières cotations du 31
décembre 1987.
Les enfants de l’an 2000, nés avec un ordinateur, internet et les premiers smartphones sont-ils un peu plus attirés par la bourse en 2021 que leurs parents, très frileux et peu portés sur le trading et la finance en général ? Et bien pas vraiment : selon un sondage « Le Rendez-vous de l’Argent », réalisé par Odoxa-LinXea pour Les Echos en 2019, seules 19 % des personnes interrogées seraient prêtes à investir en actions, 15 % le sont réellement. En mars 2017, l’AMF estimait le nombre d’actionnaires individuels en France à 3,67 millions d’individus, soit la moitié des 7,1 millions d’actionnaires de 2003.
Quelle en est la raison ? Si moins de 10 % n’investissent pas par conviction personnelle et philosophie antisystème, la très grande majorité ne se lance pas en bourse …par peur de perdre son capital. Pourtant, seul 1 investisseur sur 10 reconnaît avoir perdu réellement de l’argent en bourse, souvent par manque de conseil, d’expériences ou de suivi. C’est souvent cette absence de suivi régulier qui pénalise un portefeuille boursier, ne pas investir au bon moment ou ne pas savoir prendre ses gains est l’une des causes les plus importantes de pertes. L’autre cause est l’absence d’adaptation au profil de l’investisseur. Les investisseurs qui ne veulent pas retourner sur les marchés sont souvent ceux qui…n’auraient jamais dû y aller. Si votre profil investisseur est très prudent, que vous n’êtes pas prêt à y consacrer au moins 5 ans (durée recommandée de placement) et que vous tremblez à chaque soubresaut de l’actualité macro-économique, passez votre chemin !
Alors comment expliquer que d’un côté les Français soient frileux à 80 % et hésitent à investir dans nos fleurons mondiaux comme Air Liquide, Sanofi ou LVMH malgré les gardes fous, les règles de protection de l’épargnant et les recommandations de notre gendarme l’AMF, et que dans le même temps, les Français sont prêts à investir dans les cryptomonaies malgré les 600 millions de $ de ce cryptoactif qui viennent d’être dérobés par des pirates informatiques en une journée (source AFP LE FIGARO 11/08/2021). Les scandales se succèdent également dans le non coté (Maranatha, Aristophil, piratage et vols de bitcoin sur internet…) mais les Français boudent toujours la bourse et préfèrent souvent l’exotique … à leurs risques et périls. De plus, les désastres écologiques liés aux mineurs de bitcoin commencent à agacer jusqu’en Chine. La fête est bientôt finie et c’est tant mieux.
Qu’en est-il réellement : un investisseur qui aurait investi sur le CAC 40 en 2001, sans toucher son portefeuille et se réveille de ce coma boursier en 2021 aurait non seulement conservé son capital mais aurait réalisé un gain de + 33,7 % . Ce n’est certes pas brillant sur 20 ans mais c’est plus que le livret A et cette hypothèse suppose 3 paramètres : une absence de suivi (1) , avoir subi toutes les tempêtes de l’éclatement de la bulle internet, les subprimes et jusqu’aux drames de 2020 (2) , et de ne pas tenir compte des dividendes touchés (3). En suivant un peu votre portefeuille et avec quelques conseils, le gain a été de 65 %… sur 7 ans (les performances passées ne préjugeant pas des performances futures). Pour rappel, Apple sur 5 ans réalise une performance de + 439 % et nous avons tous acheté un produit Apple au cours des 10 dernières années. Ce n’est donc pas une bulle.
Le but de cet article n’est pas de vous inciter à investir sans raison et les yeux fermés mais simplement de rappeler quelques règles de bon sens : entre un livret A à rémunération nette d’inflation négative, un fonds Euros moribond et des actifs exotiques dangereux, il serait peut-être temps de vous intéresser à nos fleurons nationaux et leurs bons résultats qui sont le fruit de choix stratégiques réfléchis (le plus souvent) et d’un travail d’équipes (actionnaires, salariés, investisseurs) qui mérite moins de méfiance et plus de considérations. Sans oublier quelques dividendes annuels non négligeables. L’ISR, l’Investissement Socialement Responsable est désormais au cœur de leurs stratégies pour votre bien et celui de la planète. Les entreprises devront prendre soin de leurs salariés, la planète et …leurs actionnaires.

Le coin de l’expert

Les supports d’investissement sont nombreux et devront respecter les règles édictées par l’AMF ; 1) le PEA est l’ outil le plus connu pour investir directement en actions et offre un avantage fiscal important mais il est plafonnés et limité aux actions françaises et européennes, 2) les comptes titres sont souples sans plafonds et les frais sont en principe assez réduits, mais ne présentent pas d’ avantages fiscaux particuliers, et tombent dans la succession, 3) l’assurance vie, souvent oubliée à cause du fonds euros garanti permet de sélectionner des SICAV, FCP, actions en direct sans contraintes géographiques et permet peut-être de mettre en place les stratégies les plus adaptés, avec avantages fiscaux, successoraux et sans plafonds de versement. Pour plus d’informations : https://www.amf-france.org/fr/espace-epargnants/comprendre-les-produits-financiers/actions-obligations/actions

Loic TORANDELL