Bûcheronnage : une compétition exceptionnelle

Les championnats de France Stilh-Timbersports ® se disputeront pour la première fois dans le Jura. L’occasion de découvrir ce sport méconnu avec Sébastien Masnada, le champion de Sapois.

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Sebastien Masnada (1er plan) en action à l'épreuve de la "hache debout" : Photo by Andreas Schaad/Limex Images.

Une compétition peu ordinaire va « envoyer du bois » à Champagnole le dimanche 23 juin. Les meilleurs bûcherons de France débarqueront au stade des Aciéries pour la 2e manche qualificative (demi-finale) du championnat de France 2019 Stihl Timbersports®. Une compétition dans laquelle il s’agira d’être le plus habile, le plus précis et le plus rapide dans 6 exercices de style bien cadrés : hache à l’horizontale, hache à la verticale, springboard (hache en hauteur, réalisée sur une planche placée à plusieurs mètres du sol), passe-partout, tronçonneuse de série, tronçonneuse de compétition (avec des « formules 1 » très puissantes -80 CV- pesant près de 30 kilos). Le tout devant des juges qui veilleront au grain, afin qu’aucune erreur ne passe entre les mailles du filet. Autant dire qu’il y aura de la pression pour les 16 à 18 participants, dont seuls les 6 premiers seront qualifiés pour le championnat de France qui aura lieu à Sedan, en septembre 2019. A ce petit jeu, le régional de l’étape aura ses chances, puisqu’il s’agit de Sébastien Masnada, exploitant forestier bien connu dans la région (lire encadré). Le risque ? Avoir trop de pression justement, car le moindre faux mouvement peut coûter quelques fractions de secondes…et une place au classement. Cette compétition relevée sera précédée samedi 22 juin par la « Rookie Cup » européenne : cette compétition européenne réservée aux jeunes sportifs (moins de 25 ans) sera homologuée et les 6 premiers européens à la fin de la saison seront qualifiés pour les championnats du monde 2020.

Une filière bois énergie pour Champagnole Nozeroy Jura

Au-delà de leurs aspects sportif et spectaculaire, ces deux compétitions mettront aussi en avant un savoir faire et un terreau fertile en la matière. De par sa situation, la communauté de communes Champagnole Nozeroy Jura (CNJ) recèle profusion de profondes forêts qui pour l’instant sont sous-valorisées. Une situation qui n’a pas échappée à l’œil de Clément Pernot, président de celle-ci. Selon lui, l’objectif est de développer cette filière bois déchiqueté, et de déployer en parallèle un réseau de chaufferies bois. Voire « assurer un jour l’autonomie énergétique du territoire », grâce à cette ressource renouvelable et on ne peut plus « verte ». Sans compter de nouveaux emplois, ce qui parachèverait ce projet gagnant/ gagnant. La CNJ avance d’ailleurs assez vite, comme le souhaite Clément Pernot : une plateforme de stockage et de broyage verra le jour à Montrond. Quand aux championnats de France Stilh-Timbersports ®, peut-être feront-ils naitre de nouvelles vocations dans un métier qui embauche ? En tout cas, du grand spectacle est attendu pour cette « première ».

Championnat de France Stilh-Timbersports ® le dimanche 23 juin au stade des aciéries à Champagnole. « Rookie Cup » européenne le samedi 22 juin au même endroit.
Plus d’informations : www.champagnolenozeroyjura.fr

Sébastien Masnada sera le régional de l’étape. Photo : Limex Images/Andreas Schaad

Sébastien Masnada fera feu de tout bois

Membre de l’équipe de France depuis 2009, le Jurassien est un athlète aguerri, habitué des places d’honneur. Cet exploitant forestier de 35 ans a commencé par les concours de bûcherons traditionnels dès l’âge de 16 ans avec son père, lui-même compétiteur. « Mon père était un vrai passionné, il m’a transmis le virus car il disputait tous les concours des environs » se souvient Sébastien Masnada. Il faut dire qu’à Sapois, on est le bûcheron de père en fils, de génération en génération. Dans l’entreprise familiale, le compétiteur a aménagé chez lui un espace d’entraînement lui permettant d’accueillir des stages de l’équipe de France. Son objectif : tenter de conforter sa place et aller chercher de nouveaux podiums. Il en est sûr, sa régularité paiera ! « Ce sport requiert 50% de technique, 30% de matériel et 20% seulement de physique » explique le bûcheron qui tentera de ne pas « trop se mettre la pression ». A ce niveau de la compétition, les blessures sont rares malgré les outils affûtés comme des scalpels : outre leur maîtrise technique, les compétiteurs sont équipés de cotes de maille qui les protègent efficacement.