Blesney : Michel Liégeon retrouve la race des “Chiens Blancs du Roy”

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28 années de recherches rigoureuses ont été nécessaires pour retrouver la race, disparue en grande partie à la Révolution.

Après 28 années de recherches, Michel Liégeon, Maître d’équipage de vénerie, a retrouvé la race des “Chiens Blancs du Roy”. Celle-ci a été reconnue et authentifiée comme légitime au niveau national au Château de Sully dimanche 8 septembre.

Cette reconnaissance est l’aboutissement d’un travail acharné. Pour moi, c’est la consécration. C’est même le Graal. Je n’en suis pas encore revenu. Et cela ira plus loin que l’échelle nationale“, s’enthousiasme Michel Liégeon, au retour de la Nationale d’Elevage du Club du chien d’ordre, qui a eu lieu dimanche 8 septembre au Château de Sully-sur-Loire. Lors de cette manifestation, les 8 chiens présentés par le Maître d’équipage jurassien ont été reconnus et authentifiés comme étant de la race des “Chiens Blancs du Roy”, une race mythique qui aurait perduré depuis le roi Saint-Louis jusqu’au règne de Louis XV, avec probablement une survivance jusqu’à la fin du XIXème siècle.

Une étude historique pour débuter

C’est dans les années 90  que ce passionné de vénerie et de chiens courants aborde l’étude de ces chiens qui chassaient avec les rois, avec la ferme intention de recréer la race. “J’ai commencé par une étude historique, en analysant tous les documents se rapportant à cette thématique, les traités de vénerie, les tableaux d’époque, les gravures de maîtres, etc…En permettant un rapprochement des écrits et des visuels convergents, cette méthode a apporté des résultats jusqu’alors peu fixés“.  C’est ainsi que le traité sur la vénerie de Gaston Phébus, seigneur du XIVème siècle, ou les tableaux de François Desportes ou Jean-Baptiste Oudry, ont permis à Michel Liégeon de déterminer quels pouvaient être ces Saint-Hubert blancs royaux, pratiquement tous tués à la Révolution.

Une souche bien fixée

Suite à ces 17 années de recherches développées selon une méthode rigoureuse, Michel Liégeon passe (en 2007) à la seconde étape de son projet ; celle de l’élevage. Il pense alors posséder les géniteurs de base nécessaires ; une chienne blanc et noir couverte par un black and tan. En pratiquant la consanguinité horizontale, il obtient rapidement les chiens blancs. En 2011, 12 chiens blancs et quelques blanc et noir représentent la base sur laquelle il fixe 2 types : les Chambray au style rustique et les Baudry d’Asson plus élégants. Encore quelques années d’efforts et aujourd’hui, 40 exemplaires constituent une souche bien fixée du Chien blanc du Roy retrouvée.

A partir d’aujourd’hui, nos efforts à mon épouse et à moi-même sont largement récompensés. Nous ne connaîtrons plus la solitude dans notre démarche“. Des spécialistes de la génétique, un avocat, des ingénieurs, sont d’ores et déjà mis à sa disposition. “Mais pour l’heure, nous allons nous poser et réfléchir pour conserver les acquis”. Pour plus tard, Michel Liégeon a entendu parler à haut niveau, et pourquoi pas, d’une inscription de ses chiens blancs du Roy, au Patrimoine mondial culturel.

Aujourd’hui, 40 exemplaires de ces Chiens blancs du Roy constituent une souche de la race bien fixée.