L’invité de la semaine : Benoît Chevrier

Rencontre avec le trésorier national de l’association Lym’pact, dont le but est d’assurer des actions de prévention des maladies vectorielles à tiques auprès du public et de faciliter la mise en place d’une entraide entre malades.

416

Benoît Chevrier, pouvez-vous nous en dire plus sur Lym’pact ?
L’association est née en 2012 en Franche-Comté. Elle a désormais un rayon national. C’est une des nombreuses grandes associations de malades. Elle compte environ 400 adhérents. Elle est agréée par le ministère de la Santé et elle est membre fondateur de la FFMVT (Fédération française contre les maladies vectorielles à tiques) qui réunit des médecins, des chercheurs et des malades.

Quelles sont vos actions pour sensibiliser le public ?
Nous sommes présents dans des rassemblements populaires avec des stands de prévention. Nous serons ainsi à la fête Bio à Chapelle-des-Bois et à la fête des bûcherons à Saint-Laurent-en-Grandvaux en août. Nous organisons des conférences. Nous intervenons à la demande.

Comment votre association va-t-elle évoluer ?
Nous allons chercher du mécénat à la rentrée car nous avons besoin de grandir, notamment le groupe jurassien que j’ai créé il y a deux ans et qui touche beaucoup de monde. Nous avons accueilli jusqu’à 200 personnes lors de nos cafés Lyme. Nous voudrions développer notre présence sur le Haut-Jura, Champagnole, à terme l’ensemble du Jura. Nous allons interpeller les élus pour que des panneaux soient installés afin que les habitants se protègent. Il ne s’agit pas de mener une campagne anxiogène, mais d’expliquer que cette petite bête peut entraîner de gros problèmes.

Sait-on combien de Jurassiens souffrent de la maladie de Lyme ?
C’est impossible à estimer à cause de la controverse. Il y a des gens qui ne sont pas diagnostiqués. Mais il y a de plus en plus de tiques visibles dans notre département. Les conditions climatiques nouvelles leur sont favorables. Leurs prédateurs disparaissent. On peut prendre l’exemple du renard, qui est considéré comme un animal nuisible, ce qui est une honte. La proportion de tiques infectées augmente mécaniquement et c’est un élément qu’il faut prendre en compte. Le secteur du Pays des Lacs est notamment infesté…

Vous parliez de controverse. La recherche n’avance-t-elle pas ?
Malheureusement, très peu d’argent est consacré à la recherche. Dons, legs, ont permis d’avancer un peu, mais ça ne va pas loin. En France, des recherches sont effectuées sur les tiques ; à l’étranger, sur les nouveaux traitements.
Il y a deux discours. Les pasteuriens pensent qu’il y a un développement chronique de la maladie. C’est notre position, celle de la Fédération… Et il y a la SPILF (Société de pathologie infectieuse de langue française) qui dit que c’est une maladie assez simple et qu’un traitement antibiotique la soigne, que ceux qui ont des symptômes qui perdurent sont malades dans leur tête.
C’est un discours insupportable qui n’a aucun fondement scientifique. Si l’on souffre de douleurs articulaires, de fatigue chronique, de troubles cognitifs, quelle est l’étude qui prouve que c’est dans la tête ?

Quel est le prochain rendez-vous de Lym’pact ?
Ce 3 juillet, nous allons siéger à un nouveau Copil du plan Lyme. Il a été lancé il y a trois ans et nous n’avons abouti à rien ! Cependant, des recommandations de prise en charge ont été rédigées par la Haute autorité de santé. Nous engageons les médecins à les lire.

La Ville de Lons avait candidaté en 2016 pour avoir un centre. Où en est le projet ?
Toute la controverse scientifique fait que trois ans après, on n’a toujours pas bougé sur les affectations de centres. Il y aura deux niveaux : des centres hospitaliers avec un service d’infectiologie ; cinq centres de références au niveau français dont deux ont le soutien des associations de malades.

Comment se protéger des tiques ?
30 % des personnes piquées et infectées l’ont été dans leur jardin. Attention aux haies et aux tas de bois. Les précautions à prendre pour éviter d’être contaminé sont les suivantes : porter des vêtements longs et des chaussures fermées, utiliser des répulsifs, inspecter systématiquement son corps après un contact avec la végétation, traiter ses animaux de compagnie et leur interdire l’accès aux chambres.

Comment enlève-t-on une tique ?
Le tire-tiques doit être acheté en pharmacie. Il ne faut pas utiliser de pince à épiler ! Il existe un fabricant à Lavancia dans le Jura. Il ne faut pas compresser le corps de la tique quand on l’enlève car elle peut régurgiter. Et il faut intervenir le plus tôt possible.

Pour soutenir Lym’pact, benoit.chevrier98@orange.fr ou contact@lympact.fr