Benjamin Melot : il est prêt pour le Dakar !

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Le Jurassien a participé pour la première fois au rallye en janvier 2018. Il sera de nouveau de la partie en janvier prochain, avec l’intention cette fois d’aller au bout de la compétition.

« Je faisais du vélo, gamin. Je n’avais pas les moyens de faire de la moto, se souvient Benjamin Melot. Ce qui me marquait était de regarder le Dakar. Cela m’a toujours intrigué. » Une fois adolescent, il a fallu choisir un métier. Et le Jurassien a décidé de devenir mécanicien cycles et motocycles. « Je suis parti à Gray. Quand je suis arrivé, j’ai arrêté la partie cycles. Je me suis retrouvé à ne faire que de la moto », sourit-il.

Benjamin Melot avait la possibilité de rentrer dans le Junior Team Suzuki au Mans pour faire de la mécanique de précision. Seuls dix élèves qui sortent de bac pro sont sélectionnés pour faire cette année. Au retour, il s’envolait aux Etats-Unis avec Hugo Dagod. « J’étais son mécanicien en supercross américain. »

Quatre années avec Cyril Despres

Puis Cyril Despres l’a appelé, alors qu’il venait de gagner son troisième Dakar, en 2010. Lui aussi cherchait un mécanicien. Les deux hommes ont travaillé ensemble pendant quatre années sur cinq Dakar et d’autres rallyes. « A partir de là, je me suis dit : un jour, tu feras le Dakar », raconte Benjamin Melot. Le passionné précise avoir beaucoup appris aux côtés de Cyril Despres. A l’époque, il avait une vingtaine d’années et ne voulait pas précipiter les choses, mais il insiste : il était convaincu qu’il ferait ce rallye un jour.

En 2014, il est parti travailler aux Emirats Arabes Unis pour KTM, ce qui lui permet de s’entraîner dans des conditions idéales. En 2015, il créait son association : Adventure concept. « J’ai alors commencé à chercher des partenaires pour faire le rallye. »

En 2017, il n’a pas trouvé assez d’argent pour participer au Dakar. En 2018, le sportif a démarré ses recherches plus en amont pour atteindre son objectif. Il a vendu 3 000 bouteilles de vin sud-américain avec le logo du Dakar et son nom dessus. « Cette opération-là a permis de payer les premières traites du Dakar et faire parler de moi, illustre-t-il. Les partenaires sont venus. J’ai pu partir sereinement ».

Il a cassé en 2018

En janvier 2018, le pilote était ainsi au départ du Dakar. Mais à la huitième étape, après la journée marathon, sans assistance, il a cassé. « On était en Bolivie, en altitude, se remémore-t-il. J’ai cassé en milieu de spéciale. C’était impossible de sortir de là pour aller réparer. » L’aventure s’est donc brutalement achevée, mais Benjamin Melot garde un « bon feeling. J’ai appris pas mal de choses sur la manière de gérer la course. J’ai fait des erreurs. J’ai bien travaillé sur la préparation physique. Je ne peux être que meilleur cette année. »

Car Benjamin Melot sera de nouveau au départ du Dakar en janvier 2019. « Je suis plus confiant. » Pourquoi repart-il si vite ? « Parce que je n’aime pas rester sur un échec, répond-il. Pour les soutiens qui viennent de partout dans le monde et du Jura et entre autres pour les élèves de Moirans qui m’ont suivi. Mon objectif est vraiment de le terminer. »

Le sportif avoue que la semaine après le Dakar, il voulait déjà repartir. « J’aime vraiment ces valeurs de se battre, de ne pas baisser les bras. Je pense qu’on se donne nous-mêmes nos propres limites. » Et de répéter qu’il va y arriver. « C’est un rêve de gosse que je touche du bout des doigts. Je vais emmener mes partenaires, ceux qui me suivent, au bout. Je vais faire rêver les gens. » Et puis, insiste-t-il, « être un Lédonien qui arrive à partir là-bas, si ça peut donner un peu d’enthousiasme et de sourire sur les lèvres, c’est tout ce qui m’importe ! ».

Avec la meilleure moto

Le pilote va rouler avec la meilleure moto qu’il puisse avoir, une KTM 450 rallye. Il a presque bouclé son budget – 80 000 euros environ – avec plusieurs partenaires jurassiens et un étranger. Parmi ceux-ci, Hebdo 39, Cogef, Cabinet Conseil Torandell, Valvital, Aergom, Grillet Sas, Moustic’ motos, MP Autos, Schiavone carrelages et sols.

Et après ? « Tout dépendra de comment se déroule ce Dakar. C’est dur de trouver le budget et c’est conditionné à ça », explique le Jurassien. « Je ne sais pas où ça m’emmène. J’ai un boulot qui me plait. Je ne compte pas en faire mon métier, mais j’aimerais avoir l’opportunité de faire d’autres rallyes. Après, cela demande des finances aussi…»