« Basta ! » : pour une réforme de la PAC  

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Neuf associations et syndicats du Jura ont posté devant la préfecture de Lons-Le-Saunier leurs propositions au ministre de l'agriculture Julien Denormandie.

Selon 45 associations et syndicats qui ont lancé il y a un mois la plateforme  » Pour une autre PAC », seuls quelques agro-industriels et une agriculture productiviste et destructrice de l’environnement profitent à fond de la politique agricole commune (PAC).
D’après Jean-Paul Sornay, président de « Peuples solidaires 39 », la PAC leur alloue près de « 80% des subventions » qui se chiffrent à « 9 milliards d’euros d’aides annuelles dédiées à l’agriculture française ».
Steve Gormally, porte-parole de la Confédération paysanne, précise le résultat de ces subventions versées à l’hectare : « Un maraîcher qui fait vivre 150 à 200 familles en circuit court touche à l’année 1.600 € de subventions PAC pour 6.000 heures de travail. A côté une ferme à comté -qui s’en sort bien grâce au prix élevé du lait- touche 178.000 € de subventions PAC ». Cherchez l’erreur…

« Un tiers de la viticulture jurassienne appartient aux Bourguignons »

Alors que le Plan Stratégique National (PNS) en cours de négociation va engager la France pour les 7 ans à venir, le collectif dénonce le fonctionnement actuel de la PAC et ses effets délétères : « produire toujours plus », mais aussi dépeupler les campagnes.
« 40 à 50% des exploitants du Jura cesseront leur activité d’ici une dizaine d’années, mais quand l’un part, ses voisins se battent pour racheter ses hectares », prime au gigantisme aidant poursuit Steve Gormally.
Autre conséquence : « Un tiers de la viticulture jurassienne appartient déjà aux Bourguignons, que ce soit via Henri Maire, les domaines Rolet ou du Pélican, etc… », car la valorisation des exploitations (hausse des surfaces et hausse du foncier) les rend désormais inaccessibles aux repreneurs jurassiens.

« Les structures familiales tendent à disparaître, seules les sociétés adossées à d’importants capitaux peuvent suivre »

« Les structures familiales tendent à disparaître, seules les sociétés adossées à d’importants capitaux peuvent suivre », et la SAFER peut difficilement s’y opposer renchérit la Confédération paysanne.
Face à cette absence de régulation, la plateforme  » Pour une autre PAC » a envoyé ses propositions au ministre de l’agriculture Julien Denormandie « pour créer de la valeur pour les paysans, protéger l’environnement, miser sur la souveraineté alimentaire, produire des denrées saines accessibles à tous, etc. ».
En deux mots « une agriculture plus juste et durable » qui pourrait passer par exemple par des subventions en fonction du nombre d’actifs sur chaque exploitation.
A suivre…