Auguste Pointelin (1839-1933), un brillant artiste jurassien

Né à Arbois le 23 juin 1839 de parents vignerons et cafetiers, Auguste Pointelin connut une importante carrière artistique. Peignant de nombreux paysages jurassiens, il acquit assez rapidement une réputation nationale. S’éteignant à l’âge de 93 ans, cet humble peintre laissa quantité de tableaux qui ornent aujourd’hui divers musées.

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Auguste Pointelin avec des amis à Mont-sous-Vaudrey (Coll. Amaous).

L’avènement d’un jeune prodige

Véritable peintre dans l’âme, Auguste Pointelin révéla très tôt sa fibre artistique. Toutefois, Victor Maire (1827-1881), son professeur de dessin qui avait décelé en lui un impressionnant coup de pinceau, lui conseilla de trouver un emploi stable tout en exploitant sa mine artistique. Traçant son chemin, Auguste Pointelin obtenu son baccalauréat en 1858 et décida alors de devenir professeur de mathématiques.

Néanmoins, les copies ne lui firent pas oublier son amour de l’art. Peignant dès qu’il en avait l’occasion, Auguste Pointelin tissa patiemment sa toile. En 1865, il décida de se rendre au Salon à Paris. Certain d’y avoir sa place, il décréta, l’année suivante, de présenter deux tableaux. Cependant, jugeant ses peintures trop faibles, il n’envoya plus de toiles dans ce salon parisien pendant quelques années.

 

D’Avesnes-sur-Helpe à Mont-sous-Vaudrey

En 1871, Auguste Pointelin devint professeur de mathématiques à Avesnes-sur-Helpe (Nord). Loin de son Jura, il peignait, à l’aide de sa mémoire, de multiples paysages de sa terre natale. Dès le début des années 1870, il décida de soumettre à nouveau ses œuvres au Salon. En 1876, il reçu alors la mention « honorable » pour son gigantesque tableau intitulé Sur un plateau du Jura, l’automne.
En cette même année, il fut nommé, avec le précieux concours de son ami Louis Pasteur (1822-1895), au lycée Louis-le-Grand de Paris. Un avenir radieux semblait alors se dessiner pour Auguste Pointelin. Aidé également par le président de la République française Jules Grévy (1879-1887), Auguste Pointelin acquit rapidement une renommée considérable. De la Suède aux États-Unis, il enchaînait les expositions. Étant artistiquement doué, le peintre reçut nombre de distinctions et de décorations. En effet, il fut notamment élevé, en 1886, au rang de chevalier de la Légion d’honneur.

Ce tableau intitulé Sur un plateau du Jura, l’automne est exposé au musée des Beaux-Arts et d’archéologie de Dole.

La retraite vint en 1897. Alors, Auguste Pointelin se retira près de ses amis à Mont-sous-Vaudrey. Une nouvelle existence gravitant autour de l’art allait pouvoir commencer. Extrêmement investi dans la vie de ce village, Pointelin fut choisi pour imaginer le monument aux morts de cette localité. Le 9 avril 1933, celui qui avait crayonné sa propre voie trépassa. Il est aujourd’hui enseveli dans le cimetière de Mont-sous-Vaudrey, précisément en face du caveau de Jules Grévy.

 

Sa reconnaissance est à venir

« L’originalité d’Auguste Pointelin réside dans cet acharnement tout au long de sa carrière à ne peindre qu’une seule œuvre, essayant de rendre compte de l’essence même du paysage », souligna Anne Dary dans l’ouvrage publié en 1993 à l’occasion d’une rétrospective concernant l’artiste, là où l’intellectuel Victor Hugo (1802-1885) affirmait déjà que Pointelin « a doté le ciel de l’Art d’on ne sait quel rayon. Il a créé un frisson nouveau. ».

En 1937, un monument fut érigé à Mont-sous-Vaudrey en son honneur (devant l’actuelle médiathèque). D’après une habitante de Mont-sous-Vaudrey, « l’art de Pointelin est de plus en plus compris et une conséquente reconnaissance est à venir. ».

Pour les plus curieux, une déambulation dans plusieurs musées du département vous permettra de voyager à travers le talent de ce remarquable peintre, quant aux autres, vous ne vous emmêlerez plus les pinceaux à propos de l’origine du nom des rues rendant hommage à ce brillant artiste jurassien.