Audi R8 V10 5.2 FSI 620 ch restylée, dix ans et encore plus de mordant !

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Pour les dix ans de son V10, la R8 s’offre un restylage avec une face avant plus affûtée, un arrière plus musclé, un châssis amélioré et un moteur dont la puissance monte à 570 et 620 chevaux sur les deux versions disponibles. Un essai étourdissant !

C’est en Allemagne, sur les autoroutes et les routes sinueuses de la Forêt-Noire, que nous avons pris le volant de la R8 restylée Performance avec son moteur V10 5.2 qui développe désormais 620 chevaux, avale le 0 à 100 km en 3,1 secondes et atteint les 331 km /h de vitesse maximum.

Quelques retouches esthétiques…

La face avant a été légèrement revue avec une calandre single frame plus large et inclinée vers le bas, une triple prise d’air sur le capot juste sous les quatre anneaux rappelant le modèle mythique Ur-Quattro et un nouveau spoiler. La signature lumineuse évolue avec, en supplément des feux de route à LED, quatre diodes laser qui se déclenchent à partir de 70 km/h pour une portée de 600 mètres. À l’arrière, le changement est radical : le diffuseur occupe toute la largeur de l’auto sous les feux à LED avec clignotants dynamiques au-dessus des nouvelles sorties d’échappement ovales.

… et techniques

Dans l’habitacle, rien ne change à l’exception des sièges baquets chauffants plus enveloppants, déclinés en cuir et alcantara ou tout cuir. De série, on retrouve une climatisation automatique, le Virtual Cockpit avec son combiné d’instruments numérique et écran couleur central de 12,3 pouces, la navigation GPS, le régulateur/limiteur de vitesse et l’aide au stationnement avant et arrière. Dommage que l’indispensable caméra de recul soit en option à 730 € et que les palettes au volant soient en plastique plutôt qu’en aluminium, matériau un peu plus chic. À ce niveau, cela paraît un peu mesquin !
Au centre de la voiture, à quelques centimètres derrière les oreilles du conducteur, le V10 atmo, couplé à une boîte à double embrayage à sept rapports S tronic, a gagné un filtre à particules et bénéficie d’une double injection, d’un mode roue libre, de la désactivation de cylindres ou encore d’une lubrification par carter sec pour ne pas déjauger. La puissance est distribuée aux quatre roues jusqu’à 100 % sur chaque essieu en fonction de la motricité. Les différentiels avant et arrière gèrent la puissance au niveau de chaque roue, selon les situations. La structure composée de 79,6 % d’aluminium et de fibre de Carbone CFRP apporte 40 % de rigidité en plus par rapport à la version précédente et abaisse le poids à 1 595 kg.

Jamais prise en défaut

Le volant multifonctions bien en mains, nous voilà partis vers la Forêt-Noire depuis Strasbourg. On peut ainsi rapidement constater qu’il est parfaitement possible de rouler en ville avec cette voiture. Le moteur reste très souple à bas régime, tandis que la boîte de vitesses et la suspension pilotée gèrent notre confort. Le 10 cylindres ronronne calmement.
Sur l’autoroute allemande une pression franche sur la pédale d’accélérateur et la musique change. Dans un véritable rugissement, on décolle ! On passe de 0 à 100 km/h en 3,4 secondes et l’on arrive très vite à 300 km/h lorsqu’une voiture se décale à gauche, juste devant nous. Il faut relâcher la pression et freiner. Notre R8 ne bouge pas, reste ferme sur ses appuis et redevient raisonnable. Sur les rubans d’asphalte parfaits et secs de la Forêt-Noire, c’est encore mieux. La transmission Quattro est rassurante, tout semble facile, jusqu’à ce qu’on active le mode Performance en appuyant sur le petit bouton à drapeau à damier sur le volant. L’ESP passe alors en mode sport, moins regardant, et la route étant sèche, on opte pour le mode « Dry » (un mode Wet et un Snow sont aussi disponibles). Les changements de rapports deviennent plus vigoureux. Le V10 hurle et nous colle le dos au baquet à chaque changement de régime. Les virages s’enchaînent à un rythme très soutenu et l’on frôle en permanence la zone rouge du compte-tours. Grâce à son châssis rigide, sa transmission et son différentiel, notre R8 se comporte comme si elle était collée à la route. La direction, d’une précision chirurgicale, n’est jamais prise en défaut. Le différentiel assure la répartition de la puissance de manière admirable pour permettre à l’auto de rester sous contrôle. De plus, les freins céramiques de notre version d’essai sont remarquables d’efficacité. Bref, même pas peur !

Pour un public averti et bien nanti

Vous l’aurez compris, l’Audi R8 V10 est une machine merveilleuse, anachronique dans le monde actuel, avec son moteur atmosphérique et ses 620 chevaux. Proche d’une voiture de compétition, elle s’adresse à un public averti. Cela tombe bien car tout le monde ne pourra pas se la payer : à 174 900 € pour le coupé de base 570 chevaux et 209 600 € pour le coupé de 620 chevaux, le bolide évolue dans les sphères du grand luxe ! Quant à la version testée, elle coûtait la rondelette somme de 234 300 €. Un rêve éveillé…

Les Plus

Moteur d’exception
Design fort
Confort même en utilisation urbaine
Performances Les moins

Mesquinerie sur certains équipements
Tarifs élevés Fiche technique

Largeur : 1,94 m
Longueur : 4,42 m
Hauteur : 1,23 m
Poids : 1 595 kg
Volume du coffre : 112 litres
Moteur : V10 5.2 FSI 620 ch, Atmosphérique, bi-injection
Couple : 580 Nm
Vitesse maximum : 324 km/h
Consommation : 13,1 l/100 km en mixte, 20 l/100 km sur notre essai
Émissions CO2 : 297 g/km (malus maxi 10 500 €)

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