Au tribunal pour avoir défendu un élève

Nicolas Fargette, parent d'élève, était intervenu lors d'une rixe entre collégiens lédoniens.

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Nicolas Fargette a été convoqué au tribunal de Lons pour avoir défendu un élève qui se faisait tabasser.

“Je pensais faire une bonne action en intervenant mais aujourd’hui je me retrouve convoqué pour une plainte sur mineur”.
Nicolas Fargette n’en revient pas : en allant chercher le 15 septembre dernier son fils scolarisé au collège Saint-Exupéry à Lons, il assiste à un attroupement face à l’inspection d’académie. “J’ai alors vu une quinzaine de jeunes de 3e lyncher un élève de 6e qui était à terre”. Ni une ni deux, le coach sportif tente de s’interposer, d’autant plus qu’ “autour, tout le monde regarde sans intervenir”. “Le ton est vite monté et un des agresseurs s’est rapproché de moi” explique t-il.
“Menacé par le groupe…/…et sachant me servir de mes poings, je porte un coup  à ce jeune face à moi qui le fait reculer”.
L’histoire se finira par la fuite du 6e agressé dans le bus scolaire, et l’intervention des surveillants du collège. Mais un signalement de l’Education nationale est déposé contre Nicolas Fargette qui est convoqué au commissariat, puis au tribunal où il a écopé d’un rappel à la loi le 31 mars. “En cas de nouvelle infraction dans un délai de 6 ans,  je serai aussi poursuivi pour ce délit ” a t-il ajouté, quelque peu “dégoûté”, à sa sortie du tribunal. Richard, le père du collégien victime, y a soutenu à 200% Nicolas Fargette, accusé selon lui à tort : “Celui-ci a sauvé mon fils. Il suffit de penser à Alisha, la collégienne battue, jetée récemment dans la Seine et décédée”.
“J’habitais auparavant à Torcy, dans le 77, et là bas cette violence c’est presque tous les jours. Je suis venu dans le Jura pour son calme, et que mon fils suive une scolarité tranquille” confie-t-il.

« Ca me rend dingue ! »

Ses vœux ont semble il été exaucés : après plusieurs rencontres entre parents et le CPE de Saint Exupéry, le collégien agresseur aurait été exclu de l’établissement selon Nicolas Fargette, qui ajoute qu’il serait déjà connu des forces de l’ordre pour plusieurs délits :  “racket, menace, violence sur personnes vulnérables, etc…”.
D’après Richard, une fois ce meneur exclu, “le calme est revenu” pour son fils.
Contacté par notre rédaction, le rectorat précise : « Toute agression physique ou verbale connue (faut-elle encore qu’elle le soit, ce qui n’est pas toujours le cas… NDLR) à l’endroit d’un élève ou d’un personnel d’un établissement scolaire fait l’objet de mesures et de dispositions adaptées et nécessaires. Cela peut être un rappel à l’ordre jusqu’à des sanctions d’exclusion temporaire ou définitive à l’issue d’un conseil de discipline. De plus, des signalements sont pris en charge par les chefs d’établissement, notamment à l’attention de l’autorité judiciaire au titre de l’article 40 du code de procédure pénale ».
L’histoire semble donc bien se finir mais Nicolas Fargette, qui a eu le courage d’intervenir seul contre quinze, reste dubitatif sur la “justice”.
Une ex-victime lédonienne de harcèlement scolaire âgée de 22 ans conclut ainsi : « Ca me rend dingue ! On comprend pourquoi toutes ces violences continuent. Leurs auteurs sont protégés et les gens qui interviennent sont condamnés ».
Au-delà des grands et beaux discours policés, que faire vraiment pour que cesse enfin la violence scolaire et le harcèlement ?