Album de famille d’un petit garçon pas comme les autres

Sous forme de fragments, Eric Romand raconte des souvenirs, parfois anecdotiques, parfois graves. A 50 ans, le coiffeur reconnu a pris le temps d’une mise au point avec lui-même. Remarquable.

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« Mon père, ma mère et Sheila » est le premier roman d’Eric Romand. Il raconte l’histoire de sa famille, depuis le mariage de ses parents en 1963 jusqu’au jour où il a décidé d’être heureux en 2012.
Car, malgré l’humour qu’il utilise parfois, l’écrivain fait référence à une période triste, qui se déroule dans la banlieue de Lyon. Eric aurait adoré être chanteur. Son idole est Sheila. Il continue à pisser au lit, trop grand. Il rêve de robes de princesses. Dès la primaire, il découvre son attirance pour les garçons.

Dans le Jura

Suite au divorce de ses parents, Eric doit rester avec son père. Sa sœur, Nadine, suit sa mère et emménage dans le Jura avec Michel, un copain de chasse de son père. Un département que la famille connait déjà. « De septembre à Noël, nous passions nos week-ends dans le Jura, où mon père chassait », raconte-t-il.
S’il veut devenir architecte, il rentre finalement en apprentissage dans un salon de coiffure. Un choix de sa mère. Elle, est soudeuse dans une usine qui fabriquait des lunettes : la lunetterie Henry Jullien. Quant à son père, il finira par se suicider d’un coup de fusil, dans sa voiture.
La lecture de l’ouvrage est aisée. L’auteur entraîne son lecteur de souvenirs en souvenirs, dans un rythme soutenu. Que donne le texte sur scène ? Réponse dans le Jura en mars…

« Mon père, ma mère et Sheila » par Eric Romand, Editions Stock, 2017, 14,50 euros.

 

ENCADRE

Note d’intention

C’est toute la palette d’émotions contenue dans ce texte que je souhaite retranscrire sur scène, m’attachant autant au comique des situations qu’au tragique de l’histoire, interrogeant au passage l’impact de l’éducation et des traditions affectives, la quête d’identité, d’émancipation et de résilience.

Comment faire avec, ou parfois sans…

Seul en scène, je me souviens, raconte, convoque les personnages, les images, les sons, les musiques, retraçant ainsi la BO d’un parcours de vie et l’ambiance de toute une époque. Alors qu’il s’agit d’un sujet particulier et personnel, cette histoire rappellera, je l’espère, des souvenirs à certains et parlera à tous.

Le vendredi 27 mars, à 20 h 30, à L’Ellipse, à Lons-le-Saunier. Seul en scène. Durée : 1 h 20. Mise en scène : Catherine Hosmalin. Les réservations se font au 03 84 24 86 89 ou par mail : admapcom@orange.fr