Air BNB et cie : ces gîtes sauvagement saccagés

Un groupe ayant réservé une maison premium à Crançot a réussi l’exploit de la dévaster lors d’une nuit de débauche. Un massacre moins rare qu’on ne le croit…

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Un groupe ayant réservé une maison premium a réussi l’exploit de la dévaster lors d’une nuit de débauche. Un jeu de massacre qui semble être "à la mode".

« Extraordinaire logement », « super design et tout le confort », « atypique, cosy » : il n’est qu’à lire les élogieux commentaires postés sur la plateforme Airbnb pour percevoir à quel point « Le Truc à fer » mérite sa note (près de 4,94 sur 5). Le type même de logement de rêve pour les vacanciers qui s’y pressent depuis sa création en mars 2020.
Sauf que la propriétaire Mélanie Febvre a eu une drôle de surprise en fin d’année 2020 :
« A 3 heures du matin, j’ai reçu un sms m’indiquant : je vous laisse voir avec les personnes qui restent au gite pour faire l’état des lieux ».
Bizarre bizarre, d’autant plus que sa cliente lui précise qu’elle « n’a pas dormi sur place ». Après s’être précipitée à son gîte mitoyen, la propriétaire découvre avec effroi le massacre : des murs au plafond, tout n’est que désolation.
Mobilier, portes, réfrigérateur vandalisés, trous et traces de sang sur les murs, parquet brûlé, etc, etc.
« Cela a été un choc, j’ai tout de suite appelé la gendarmerie mais ils ne se sont pas déplacés, estimant qu’il s’agissait d’une affaire privée. Ils sont venus par la suite relever des empreintes ADN, mais je suis très déçue qu’ils ne soient pas venus interpeller les auteurs des dégradations ».
Car après avoir consommé alcool, joints et protoxyde d’azote, certains cuvaient encore sur place :
« Je me suis aperçue d’une chambre était fermée. Un jeune homme en est finalement sorti et m’a répondu que ce n’était que du nettoyage lorsque je lui ai montré les dégâts ! ».

Une réservation automatique très (trop) facile…

Les deux hommes s’échapperont par la fenêtre du 1er étage tandis que Mélanie Febvre et son mari se sentaient « en insécurité et désemparés ».
Contacté sur ce point, le groupement de gendarmerie de Lons n’a pas donné suite à nos questions.
Faute de conseils de la gendarmerie, ils appellent Airbnb qui s’est montré « très présent lors des premiers échanges », mais moins après, lors du processus d’indemnisation des gros dégâts… « Mon mari travaille dans le bâtiment, nous avons souhaité tout remettre en état au plus vite, afin de ne plus voir ce désastre, et car notre gîte était réservé quelques jours plus tard ».
Plus surprenant, « j’ai reçu une réservation suspecte le samedi suivant les faits, puis une autre encore le samedi d’après ». Réservations bloquées par Airbnb et qui selon Mélanie Febvre répondaient au même modus operandi : « une réservation tardive pour la nuit même, des échanges de sms écrits en phonétique, voire une question sur l’éventuelle caution ».
« Je continuerai à louer via les plateformes de réservation, car elles assurent 100% de ma clientèle, et que Le Truc à fer a été loué tous les soirs de juin à septembre » sans souci majeur. Elle conseille toutefois aux propriétaires de prêter attention au profil de leurs clients suspects, même si refuser “le système” (réservations instantanées et profils sans doute pas assez vérifiés) revient à devenir moins concurrentiel…

Dossier réalisé par Stéphane Hovaere.

Avant, un logement design et cosy.

D’autres précédents ailleurs

Cela semble devenu une sorte de « jeu » pour certains : utiliser un gîte pour « se défoncer » ou pour générer un trafic illicite.
C’est ainsi qu’un propriétaire jurassien a vu son gîte situé en Haute-Savoie devenir un « hôtel de passe » puisque des prostituées le louaient tous les jours.
Plus surprenant encore, un bailleur du Doubs a vu son bien dévasté dès le premier soir, alors qu’il était loué pour la semaine…