Agriculture : encore des défis à relever

Lors de sa dernière session, la Chambre d’agriculture du Jura a présenté son projet stratégique 2020-2025. Un projet destiné à répondre à des enjeux majeurs comme le renouvellement de la profession, ou le soutien effectif de l’Europe et de l’Etat entre autres.

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Derrière l'arbre florissant "lait à Comté" se cache une forêt d'enjeux à relever, pour que demain restent encore des agriculteurs, et à manger dans nos assiettes.

L’agriculture de demain se construit aujourd’hui : selon Vincent Duquet, secrétaire de la Chambre d’agriculture, 50% des agriculteurs jurassiens ont plus de 50 ans, et « s’il n’est pas possible de diminuer le nombre de départs, il est possible d’augmenter le nombre de repreneurs ». Des repreneurs si possible durables, car comme l’a souligné Rémy Guillot, président du GDS (groupement de défense sanitaire) du Jura, « il ne faut pas installer n’importe qui a n’importe quel prix ».
Une réflexion née au sein de la cellule pour la bientraitance animale où il siège, et où les dossiers examinés concernaient « une majorité de jeunes installés depuis moins de cinq ans ». Des jeunes qui ne supposaient peut-être pas qu’élever un troupeau de vaches suppose des soins quotidiens comme la traite où la nourriture… Et un participant à la session de rappeler qu’être agriculteur requiert « une grosse volonté est une passion débordante » mises à mal par des actes contraires au bon sens paysan.

Une technocratie toujours plus étouffante

Si l’agribashing ayant pignon sur rue semble s’être calmé, plusieurs intervenants, tel Christophe Buchet, 1e vice-président de la chambre d’agriculture, ont souligné l’incohérence des différents discours politiques.
Alors que la France est selon lui « reconnue comme bénéficiant d’un modèle des plus durables et sûrs au monde, son agriculture traine un boulet de plus en plus gros aux pieds…/…au nom d’une idéologie environnementale bien pensante ». En cause une avalanche de normes, d’obligations ou d’interdits qui « découragent les jeunes de s’installer ». Le malaise paysan n’est donc en rien dissipé. Quant au plan de soutien évoqué par Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture, lors de sa visite dans le Jura il y a trois mois, Christophe Buchet a estimé qu’il « fallait se l’approprier », une manière de dénoncer le flou et la lourdeur qui le caractérisent.
David Philot, préfet du Jura, a expliqué qu’il ne s’agissait pas d’un « dispositif complexe, foisonnant, technocratique » et que des vade-mecum étaient établis par filière et par action. Il a néanmoins admis qu’un véritable problème plombe la filière viande, 80 % des éleveurs de vaches allaitantes du Jura dégageant moins de 10.000 €/an de revenus selon le CER comptable.