À tous nos aînés

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Depuis le début de l’épidémie, ils sont les plus frappés par le COVID-19. Nos anciens, ceux qui ont vécu et fait l’histoire. Ceux qui ont eu le courage de se lever, les matins de leur vie, pour bâtir notre confort actuel.

Ils ont travaillé. Certains ont donné leur vie pour que nous vivions des « jours heureux », nom du célèbre programme du Conseil national de la Résistance adopté en 1944. Nos anciens ont suivi cette voie. Ils nous ont ouvert nos voies. Portant le poids des années, succombant quelquefois sous le plomb du chagrin, nos grands-parents sont les échos d’un monde disparu.

Aujourd’hui, ceux qui sont – pour la plupart – totalement égarés par l’explosion des nouveautés, doivent être salués. Il est temps de considérer nos aînés dont nous sommes les fruits. De leur tendre la main, de prévoir de boire un thé après le confinement, avec ces êtres aimés.

Pour une société exaltant le respect, il serait temps d’arrêter d’infantiliser nos prédécesseurs. Au même titre, commencer à être davantage attentionné. Amputés par la dépendance, certains intègrent des lieux provoquant la chute de leurs conditions de vie – ce qui est malheureusement le cas dans plusieurs établissements du Jura, faute de personnel. L’acmé de leur existence s’éloigne alors.

Nos anciens ne sont pas un bétail attendant la faucheuse, ils sont autant d’itinéraires, de modèles pour le futur. En cela, ils méritent notre admiration. 

À l’heure où des retraités survivent, là où ceux de demain suffoqueront (ne revenons pas sur la dernière réforme), rendons hommage à ces sages bibliothèques. Ces êtres que nous deviendrons – si la chance nous sourit – dans vingt, trente ou cinquante ans. 

Le temps est notre pire ennemi et notre meilleur allié. Il détruit et il guérit. Mais il brûle aussi ceux exposés trop longtemps aux lueurs du temps. Il déchire le savoir du passé. Il annihile l’histoire pour une fiction. Prenons soin de nos anciens aujourd’hui, car demain, les rides seront corrigées.