A la découverte du vol libre ou l’opportunité de voler comme un oiseau

Romain Verguet est l’heureux nouveau président du club de voile libre qui rassemble les pilotes de parapente de la région lédonienne et du sud du département. Il a remplacé Guillaume Hédin en novembre 2018. Ce club propose à tous des vols biplace-découverte. Il accueille et accompagne les nouveaux pilotes dans leur progression. Adepte de ce sport depuis son enfance, il a bien voulu nous faire partager sa passion.

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Romain Verguet

Romain, pouvez-vous vous présenter en quelques mots, ainsi que votre sport ?
Je pratique le parapente depuis 2000, j’ai connu le vol libre tout petit, par le biais de mon frère et de beaucoup d’adeptes du parapente qui venaient à la maison. C’est donc la que j’ai attrapé le « virus ». J’emmène d’ailleurs mes enfants qui ont 10 et 12 ans en biplace car j’ai passé ma qualification en 2018. Nous sommes 6 au club à être qualifiés pour le biplace, en tant que bénévoles. Il faut signaler que des professionnels comme à Poupet vol libre le pratique également. Nous, nous ne sommes pas professionnels.
Le parapente est né en Savoie, les précurseurs du parapente étaient des parachutistes qui se sont dit un jour, « pourquoi pas décoller d’une colline, cela couterait moins cher », et ils ont commencé par des grandes voiles avec des  sauts dans des grandes pentes. Petit à petit les constructeurs ont vu que ça prenait un peu d’ampleur et ont construit des voiles pour décoller, et le parapente est né. Il ne faut pas confondre deltaplane et parapente. Les deux sont du vol libre, sauf que le deltaplane est une aile semi rigide alors que le parapente est une aile souple qui quand on la gonfle construit l’aéronef, le parapente  lui est déjà monté. Nous sommes entre 30 et 36 membres, nous avons des jeunes qui nous contactent et qui ont fait des stages, soit ils prennent une licence chez nous, ou dans un autre club. Notre club existe depuis 1984

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Comment se porte le parapente dans le Jura ?
Il y a quatre clubs actifs dans département, les Rousse, St Claude, Poupet vol libre à Salins les Bains et nous. La licence est obligatoire pour voler, sinon les assurances ne vous couvrent pas. Les stages se font dans les écoles. La plus proche est l’école du Poupet où il a un club et une école. Ils font des stages toute l’année, stages d’initiation et puis des stages de perfectionnement, et quand la personne est autonome, on la prend avec nous, on la fait voler. Le brevet de pilote n’est pas obligatoire en France, il y a le brevet initial qui valide l’autonomie du pilote, et le brevet de pilote confirmé qui ouvre la voie aux compétitions ainsi que plusieurs agréments qui amènent au brevet d’état qui seul peut permettre d’enseigner. Dans notre club, personne ne peut enseigner.


Ce sport est-il ouvert à tous, car nécessitant un matériel couteux, n’est t-il pas réservé à une « élite » ?

Le parapente peut se pratiquer à partir de 12 ou 13 ans .Au club, nous avons des membres de 70 ans qui volent encore. Il n’y a pas de restrictions, il faut être en bonne santé. Ce sport ne nécessite pas de capacités physiques particulières.
Au niveau du coût, on peut acheter le matériel soit neuf, soit d’occasion. Avant d’acheter ce matériel d’occasion, il faut demander un  rapport de révision qui est obligatoire, dans ce cas on peut s’équiper pour moins de 2000 euros. La voile, si on en prend soin peut durer longtemps si on prend la précaution de ne pas la laisser au soleil ou à l’humidité. Au bout de 300 h de vol, elle peut être encore bonne. Les constructeurs préconisent une révision tous les ans ou après un certain nombre d’heures de vol. Ce sont des entreprises spécialisés qui font ce contrôle ou les réparations. Ces organismes sont labellisés, c’est donc un gage de sécurité. Cette révision coûte entre 100 et 150 euros.

Ce sport est-il dangereux ?
Beaucoup considèrent ce sport comme à risque, je considère que c’est moins dangereux que de prendre sa voiture pour aller au travail… Dans la formation, on apprend la météorologie, la mécanique de vol, tout ce qu’il y a à savoir pour comprendre  ce qui se passe. Il faut savoir que la plupart des accidents sont dus à des erreurs humaines, la personne a pu faire une mauvaise analyse ou beaucoup trop de monde autour d’où risque de collision, ce qui est impossible chez nous. Les accidents ne se produisent quasiment jamais en l’air, le plus gros se produit en phase de décollage ou atterrissage. Les plus grands risques sont une cheville foulée par exemple. Pas attaché ou mal attaché, collision. Les voiles sont sûres et pardonnent énormément. Il existe des voiles écoles, sortie école, performance, et puis les voiles compétition pour les pilotes chevronnés. Il faut adapter la voile à son niveau de pilotage.

Quelles sont les techniques de vol ?
La pratique du parapente est basée sur les courants thermiques et la thermodynamique. C’est le vent qui vient buter contre le relief et les colonnes d’air chaud qui montent du sol, ce qui fait qu’on prend ces ascendances. Avant de voler il faut faire une analyse de la météo des masses d’air, c’est un point qu’on fait avant de voler qui fait qu’on se dit : « Cela va être une bonne journée, ou au contraire, cela ne vas pas monter bien haut, ou alors on ne part pas si il y a trop de vent ou un temps orageux ». C’est pour ça qu’il y a un check-up à faire avant de voler et de réunir tous les ingrédients pour être sûr qu’on ne va  pas se mettre en danger surtout quand on emmène des gens en biplace. Tout cela s’apprend et l’expérience joue également. Ce n’est pas un sport de casse cou.

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Comment se passe une année dans le club ?
On organise des sorties tout au long de l’année, sur un week-end ou sur plusieurs jours. Chacun peut proposer une sortie à tel endroit où chacun peut s’inscrire selon ses possibilités. L’année dernière, une sortie s’est faite au Portugal, cette année on parle d’une sortie soit en Italie, en Espagne ou aux Acores. Sinon les sorties en France peuvent se faire en Haute Savoie, ou d’autres endroits qu’on veut découvrir. J’aimerais bien qu’on fasse des journées découverte. Nous avons sur notre site internet les coordonnées des pilotes bip placeurs. Les gens appellent, prennent contact avec eux et se donnent rendez-vous. Il est bien sûr que cela dépend de la météo. Pour les journées découvertes, il faut définir plusieurs dates car nous ne maitrisons pas le temps.
La vie du club est aussi de faire découvrir notre passion. Nous sommes gestionnaire de certains sites que nous entretenons. On essaie d’aller aux manifestations des autres clubs, et on participe aux AG au niveau de la ligue. Nous avons la chance d’accueillir des jeunes qui viennent compenser les départs. La cotisation est de 25 euros par an. Cette année nous avons racheté une aile bi place. A part les bi places, il n’y a pas de prêt de matériel.


Quels sont votre ou vos  plus beaux souvenirs ?

C’était un vol dans la région avec les copains ou on s’est retrouvé  au pic de l’Aigle au dessus des 4 lacs. Ce jour la, on a volé jusqu’à Morez, en volant à 2000m d’altitude. Le vol a duré près de 3 h. Perché la-haut avec mes copains , c’était formidable.
J’ai aussi volé avec un aigle il y a 3 ou 4 ans, sur les monts Jura, on a volé ensemble un bon moment. Les milans également sont très curieux et volent avec nous, ils ne sont pas effrayés et viennent vers nous. Je me suis une fois retrouvé avec 15 milans autour de moi et c’est magnifique. On a tellement de beaux paysages dans le jura que l’on n’a pas besoin d’aller loin. J’ai tellement de souvenirs et de belles images.


Et votre plus grande peur ?

Il m’est déjà arrivé d’avoir des grosses montées d’adrénaline. Par contre tout à mes débuts, j’ai fait une erreur de pilotage et une fermeture de la voile qui était impressionnante, j’ai perdu de l’altitude, mais la voile s’est réouverte , c’est très impressionnant, mais on a des voiles qui acceptent beaucoup de choses. La peur vient surtout après, sur le moment, on est surtout accaparé par ce qu’il y a à faire. Heureusement que j’étais haut avec de la marge. Avec les voiles que nous avons, généralement, ça réouvre tout seul.

Que diriez-vous à la personne qui n’ose pas franchir le pas afin de l’inciter à découvrir votre monde ?
Nous proposons tout d’abord d’emmener la personne en bi place pour lui faire découvrir. Nous sommes bénévoles et pas professionnels, nous les orientons au Mont Poupet ou ils enseignent depuis près de 40 ans, c’est une très bonne école, ou ils peuvent apprendre.
Ce sport apporte de bonheur, du bien être, on  a l’impression d’être déconnectés. Quand on est en l’air on oublie ses soucis, on est dans sa bulle et on découvre le monde comme on ne peut pas le voir autrement. L’opportunité de voler comme un oiseau apporte un plaisir fou. On oublie tout quand on est en l’air, c’est un très bon vide tête.
il faut noter que quelqu’un qui a le vertige ne l’a pas en l’air, le vertige ne se produit que lorsqu’on a les pieds par terre, c’est le cerveau qui fait le déphasage. En fait, on ne s’élance pas dans le vide, on décolle,. Même nous on a cette appréhension avant de décoller, ce qui est légitime et permet de toujours faire attention. Faire découvrir en bi place est un plaisir pour moi. Je le fais depuis l’année dernière.

Vol libre lédonien
E-mail : fo.girard@gmail.com
site : http://voillibreledonien.ffvl.fr