A fil ou à tige, en bois ou en mousse, bienvenue dans l’univers des marionnettes de Jean-Michel Galopin

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Jean-Michel Galopin, marionnettiste, propose des spectacles et une exposition interactive.

Chez lui, dans la grande bâtisse au doux nom du “Nid des Merles” au Frasnois, Jean-Michel Galopin nous reçoit dans une petite pièce où s’entassent des dizaines de marionnettes sculptées dans le bois et peintes, à fil ou à tige, qui semblent dormir, mais qui n’attendent qu’une chose en fait, c’est qu’on les anime.

Quand on demande à Jean-Michel Galopin de choisir une de ses marionnettes, il se tourne vers “Gnafron” pour lequel il a une tendresse particulière. “On parle toujours de Guignol, mais Gnafron, c’est un authentique Canut, cordonnier, qui aime faire la fête, mais qui a un côté très attachant“. La marionnette, c’est l’univers de Jean-Michel Galopin. Il y est pourtant venu peu à peu, au hasard des rencontres de la vie. “J’ai une formation plutôt dans l’animation touristique. Lors d’un séjour à Québec, j’ai découvert avec bonheur les contes amérindiens. Et le conte a été mon premier contact avec ce monde du spectacle“. De fil en aiguille et de retour en France, plus exactement aux Rousses, il propose en lien avec l’Office du tourisme, un “festival de marionnettes” qui se prolongera durant 6 années. A partir de là, Jean-Michel commencera à fabriquer ses marionnettes, à penser à un futur spectacle, spectacle qu’il présentera en 2006 au Festival mondial du théâtre de marionnettes de Charleville-Mézières.

Des spectacles en création

C’était une première pour moi de jouer comme ça devant un public dans la rue. Je l’ai fait sans pression, mais cela a été une véritable révélation“. De ses rencontres déterminantes, Jean-Michel Galopin en cite deux en particulier. “Il y a mon ami Jean-Louis d’Alsace, qui m’a enseigné la rigueur, la méthode. Et il y a aussi Gilbert Pavaly, l’un des plus grands marionnettistes, qui lui, m’a appris le culot, la voix, la rue“.
Depuis 13 ans, Jean-Michel Galopin crée et propose des spectacles, ouvre au “Nid des Merles” son exposition de marionnettes et figurines de théâtre d’ombres, où les visiteurs peuvent aussi les manipuler. Des spectacles plutôt ludiques pour les enfants, mais le marionnettiste considère aussi que l’art de la marionnette est un média social. “ La marionnette peut être trash, irrévérencieuse, polémique. On peut aussi faire passer des messages à travers elle“. Son dernier spectacle est d’ailleurs l’un de ces messagers militants de la planète. Intitulé “Vers de Terre”, il est joué par des marionnettes poètes et …écolos.
La marionnette, c’est mon activité de cœur, que je combine toujours avec mes emplois dans le tourisme“.
Un vœu : c’est de continuer à jouer ses spectacles avec cet enthousiasme de ses débuts, mais avec un long savoir-faire acquis au fil du temps.

Contac : Jean-Michel Galopin
26 coin d’en haut
39130 Le Frasnois
06 89 27 46 28
parolesetmarionnettes@laposte.net

Site internet : http://parolesetmarionnettes.jimdo.com

Un peu d’histoire : 

Les marionnettes sont des figurines articulées que l’on peut manipuler directement (dans le cas des marionnettes à gaine) ou indirectement, à l’aide de fils ou de tiges. Le mot français “marionnette” date du Moyen Age et dériverait d’un des nombreux diminutifs du prénom Marie. Ce mot signifiant “petite Marie” a d’abord servi à désigner des représentations de la Vierge Marie, avant de s’étendre à toute figurine de bois, sacrée ou profane, au XVIe siècle. Les marionnettes ont vraisemblablement des origines très anciennes puisque l’on a retrouvé dans le sud-est asiatique des vestiges de figurines datant de deux mille ans avant J.-C.
En Europe, ce sont les Romains qui ont introduit les marionnettes en Gaule et en Germanie dans les premiers siècles de notre ère. En Amérique du Sud, des fouilles archéologiques récentes ont mis au jour un bas-relief représentant un marionnettiste qui aurait été réalisé entre 400 et 900 après J.-C.
A l’origine, ces figurines étaient des objets sacrés utilisés principalement à l’occasion de rites propitiatoires ou d’événements (naissances, initiations, mariages, rites funéraires…).
Elles étaient associées à un pouvoir magique. Par la suite, elles ont été utilisées comme accessoires pour des spectacles profanes. Il est probable que les spectacles de marionnettes ont précédé le théâtre avec des acteurs en chair et en os. Le bunraku une sorte de théâtre japonais datant du XVIIe siècle illustre cette évolution. Les personnages y sont représentés par des marionnettes de grande taille, manipulées à vue.

Aujourd’hui, la marionnette peut être un moyen de caricaturer des personnalités politiques ou du show-business à la télévision. Ce concept, qui existe dans de nombreux pays, a été représenté en France par Les Guignols de l’info.

“Tout l’art du marionnettiste, c’est de s’effacer derrière ses marionnettes”.
L’exposition rassemble une soixantaine de pièces, venues d’Asie, d’Europe ou d’Afrique. D’autres sont fabriquées par Jean-Michel Galopin.
A fil ou à gaine, en bois ou en mousse, l’univers de la marionnette est infini.