Hauteroche et Cesancey disent non aux éoliennes

Le changement de position du maire de Hauteroche, Daniel Segut, a réjouit les opposants au projet. Ce « coup de théâtre » pourrait enterrer toute installation d’aérogénérateurs sur le premier plateau.

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Les éoliennes de Chamole (193 mètres) resteront-elles les seules visibles autour de Lons et Poligny ?

« On s’attendait à une bonne nouvelle, mais pas si tôt » : à l’issue du conseil municipal du 2 mai à Hauteroche, les militants anti-éoliennes avaient le sourire. Sans triomphalisme, le CAPPJE (Collectif d’Alerte du Premier Plateau du Jura sur les Eoliennes) estime que la pétition (près de 300 signataires) lancée sur la commune a cependant pesé dans la balance. Daniel Segut, qui défendait depuis plus d’un an le projet proposé par la Compagnie nationale du Rhône (CNR), « pour des raisons écologiques », estime pour sa part qu’il s’agit avant tout de « privilégier la concertation ».
Face à une partie de la population « pas assez informée », le premier édile de la commune a donc pris un net virage pour travailler avec elle sur « différents modes d’énergies renouvelables ». « Sans pénalités pour la commune », le projet d’installation de 6 éoliennes est donc repoussé de « 5, voire 10 ans », tandis que d’autres idées sont à l’étude.

Zéro éolienne au lieu de vingt-cinq ?

« J’ai pris contact avec un promoteur de centrale photovoltaïque, car nous avons un terrain de 12 ha en friche sur une ancienne carrière (située vers la maison du Vigneron) ».
Selon le maire, cette prise de contact n’a rien donné, mais plusieurs hypothèses pourraient être étudiées. Des hypothèses qu’Etienne Dumas, porte-parole du CAPPJE, appelle de ses vœux. «Energie solaire, bois déchiqueté, biomasse, méthanisation : nous ne sommes pas opposés aux énergies renouvelables ».
Selon lui, l’ensemble du premier plateau serait peut-être « sauvé » : Le Fay et Bonnefontaine ont délibéré contre des éoliennes de 200 mètres (visibles de très loin..), Perrigny a suspendu en décembre 2018 le projet de la CNR, et Publy (conseil municipal de fin avril 2019) se retire du projet de Nordex sans pénalités. Enfin à la Marre, où des habitants ont aussi signé une pétition, une « majorité d’élus » selon Etienne Dumas, demandent l’arrêt du projet.
Si cette dernière commune statue officiellement contre son projet initial, les 25 éoliennes prévues sur tout le plateau auront vraiment du plomb dans l’aile. D’autant plus que le « Pays lédonien » révise son Schéma de cohérence territoriale (Scot), qui pourrait définir des zones d’exclusion des éoliennes. « On ne pouvait pas laisser travailler des entreprises, avec des coûts très élevés, dans ce contexte d’incertitude » a conclut Daniel Segut, qui « précise bien que ce n’est pas la pétition » qui a interféré dans sa décision.

83% de « non » aussi à Cesancey

Face à une forte contestation à propos de l’installation d’éoliennes industrielles, la municipalité de Cesancey a donné la parole à ses habitants via une consultation organisée le 12 mai. Et le résultat est sans appel : sur les 305 inscrits sur les listes électorales, les deux-tiers ont voté. Et sur les 204 votants, 83% (169 personnes) sont contre l’éolien. Conséquence logique : le maire de Cesancey, Jean-Paul Clavez a annoncé dans la foulée que « le conseil municipal va acter l’abandon du projet ». Grâce à cette « première » dans le Jura, le Collectif Eoliennes du Sud-Revermont, a lui aussi bouté les aérogénérateurs hors du secteur (Gevingey-Cesancey-Val Sonnette), qui n’ont décidément pas le vent en poupe dans le Jura.