Vacances en liberté : la folie camping car

« Vacances j’oublie tout »…à bord d’une maison roulante. Des camping-caristes jurassiens nous font partager leur passion, qui peut parfois les conduire dans des pays de cocagne.

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Un emplacement de rêve au bord de la grande bleue...quasiment impossible à dénicher.

C’est un rêve devenu réalité. Après avoir travaillé dur tout leur vie comme apiculteurs, Christiane et Michel Clerc (69 et 65 ans) ont décidé de profiter de la vie la retraite venue. Et quoi de mieux qu’un camping-car pour exaucer leur soif de liberté, de découverte…et de vélo. « En 2006, nous avons acheté notre 1er camping-car (un C.I. modèle de chez Trigano) pour moins de 20.000 € : on voulait faire du vélo le long des canaux, un peu partout en France ». Une double passion qui les mène assez vite à intégrer le Camping-Car Club Est, qui propose des sorties communes où la petite reine règne.  « Un club où il y a beaucoup de retraités, avec une très bonne ambiance, empreinte de convivialité » relate Christiane Clerc, d’autant plus que des visites culturelles (musées, vielles pierres) sont venues se greffer aux thèmes sportifs. Le Camping-Car Club Est propose aussi des virées en groupe à l’international bien organisées (les bénévoles se chargent du road book et des réservations), dans un cadre rassurant : pas toujours évident de partir seul dans des pays étrangers…

4000 km en 3 semaines

Mais le couple d’ « aventuriers » ne rechigne pas à larguer les amarres de son côté depuis le secteur de Lons, pour des expéditions de plus en plus lointaines : l’Espagne et le sud du Portugal en seulement 3 semaines, ou encore l’Italie de la côte adriatique à la côte méditerranéenne (4.000 km avalés en 3 semaines aussi).
« On dort rarement deux fois au même endroit pour profiter au maximum du voyage ; on voit beaucoup de choses en peu de temps », comme par exemple ce pont autoroutier et ce tunnel effondrés en Italie, peu avant la catastrophe du viaduc de Gênes. Inspirés par certaines émissions télévisées comme « Des racines et des ailes » ou « Échappées belles », les deux complices ont de beaux projets dans leurs cartons, davantage centrés sur la France : les Ardennes, les Pyrénées, les beaux endroits ne manquent pas. Grâce à leurs expériences, les jurassiens ont appris le B.A.BA du parfait camping-cariste, à commencer par la charte de bonne conduite : ne pas vidanger ses eaux grises (lavabo, douche) ou noires (wc) dans la nature par exemple.

4.000 aires de services : insuffisant…

Mais aussi l’art de trouver un emplacement pour passer la nuit. Finie en effet l’anarchie qui régnait il y a déjà belle lurette : avec 600.000 camping-cars, la France détient un record d’Europe, record pulvérisé l’été lorsque des  hordes de camping-cars « nordiques » déferlent en direction du sud.
« Dans de nombreuses villes, le stationnement est interdit », avec obligation de se tourner vers les aires (payantes dans les 2/3 des cas) prévues à cet effet ou les campings. « Il existe 4.000 aires de services en France (comme la très belle aire de Dole, au port de plaisance) » précise la jurassienne, là aussi un record européen, qui n’empêche pas une saturation problématique aux beaux jours.
D’autant plus que la majorité des campings ne sont ouverts que du 15 avril au 15 septembre, ce qui pose peut poser problème pour faire les vidanges et les pleins (électricité, eau potable). Des alternatives se déploient donc comme par exemple le réseau « France-passion » : 2.000 producteurs locaux qui accueillent gracieusement les camping-caristes sur leur exploitation agricole, en échange d’achats de produits de la ferme ou du cru. Les villes ne sont pas à dédaigner, avec de bonnes élèves comme Marseille, Bordeaux, Genève (et même Paris) où il est possible de trouver un camping en périphérie bien desservi par les transports en commun.

Fourgons aménagés : la tendance 2019

Une chose est sûre pour Christiane Clerc et son mari : « Les camping-car font tourner l’économie locale : courses dans les magasins, visites, restaurants, etc. ». D’où l’intérêt de bien les accueillir plutôt que de les rejeter dans des zones de second plan, voire des voies de garage. Après de folles années de croissance (à deux chiffres), le marché du camping-car traditionnel (profilé, capucine, intégral) s’essouffle au profit d’une propension beaucoup plus « tendance » : les fourgons aménagés. Malgré leur surface réduite (à partir de 10 m2, puisque la cellule est travaillée sur la base d’une fourgonnette utilitaire), les tarifs restent salés puisque tout est « fait main », contrairement aux lignes d’assemblage de voitures…

Contact : Camping car club de l’Est 06 83 06 91 96 (section Jura)

Stéphane Hovaere

Christiane et Michel Clerc ont découvert la liberté de partir où et quand ils veulent à bord de leur “Pilote”.

Le prix de la liberté

Partir sur les routes quand on veut et comme on veut à un coût certain : la majorité des modèles neufs (bien équipés) démarrent entre 35.000 et 45.000 €, mais il est possible de commencer avec un modèle d’occasion à moins de 20.000 € voire 15.000 € (attention toutefois à choisir une grande marque, pour des questions de pièces détachées). Si on le rapporte à la durée  d’utilisation (60 à 80 jours par an en moyenne), la passion camping-car a un prix. Mais quand on aime…

Les petits inconvénients

  • Alors que la solidarité et la convivialité prévalent en général entre camping-caristes, on ne peut pas en dire autant des automobilistes : « On se fait régulièrement klaxonner » déplore Christiane Germain. « Si on ne roule pas aussi vite qu’eux, c’est parce qu’on est plus chargés. En outre, le gabarit du véhicule impose une certaine prudence, en particulier dans les virages serrés où le porte à faux à l’arrière peut accrocher quelque chose ». A bons entendeurs !

 

  • Il suffit d’un simple permis B pour partir au volant de ces maisons roulantes, du fait de leur limitation à moins de 3,5 tonnes. Un seuil toutefois « juste » pour Michel Germain : avec l’eau (120 litres), les bouteilles de gaz, les batteries, etc. le PTAC a vite fait de s’envoler. Un point à surveiller lors de l’achat.