Entretien avec Ludovic Stragioti, président de l’association “Rose”

L’association Rose, du nom de cette petite fille qui s’est battue contre le cancer aide les enfants atteints de maladies graves dont les parents sont pompiers, policiers, personnels hospitaliers. L’association lédonienne est née du combat d’une petite fille contre le cancer. De son combat contre la maladie est né un élan formidable dont le tournoi « tous avec Rose » réunit tous ans des centaines de personnes. Nous avons rencontré le président de cette association qui évoque avec nous, cette incroyable aventure.

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Photo de groupe des bénévoles (photo association Rose)

 

La petite Rose (photo association Rose)
Remise des voitures au CHU de Besançon (photo asociation Rose)
Membres association Rose (photo association Rose)

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La rose symbole de l’association (photo association Rose)

Ludovic, comment est née votre association ?
Au départ, le point déclencheur a été le premier cancer en décembre 2013 de Rose, la fille de Jean Etienne Petiot qui est pompier. A cause du cancer de leur fille, le papa était en en arrêt maladie et la maman a arrêté de travailler, car Rose était à Besançon, et les parents se sont relayé pendant 3 semaines 24h/24 à son chevet, ce qui occasionnait des frais important. Émus par cette situation, les pompiers ont voulu faire quelque chose. Début 2014, une réunion entre pompiers, police et SAMU s’est tenue et l’idée d’un tournoi de foot a germé. Ce premier tournoi en 2014 a obtenu un succès inespéré puisque plus de 10 000 euros ont été collectés. On s’est revu les uns les autres après ce tournoi, émus par un tel élan de générosité et de solidarité et on a créé « Rose »

Une partie des bénévoles (photo asociation Rose)

A qui l’association peut porter aide ?
Il faut que les parents appartiennent à un des trois corps cités plus haut mais sans se fermer aux autres associations avec qui on est en relation. Par exemple on fait depuis trois ans une marche à Paris pour l’association « Imagine For Margo », née à la suite du décès de la petite Margo, suite à un cancer du cerveau. Les parents ont créé cette association. Nous sommes indépendants et nos adhérents ne versent pas de cotisations. Nous avons surtout besoin de beaucoup de bénévoles pour organiser le tournoi annuel.

Tournoi de foot (photo association Rose)
Une équiupe de bénévoles photo éssociatio Rose)
Le dîner spectacle (photo association Rose)

Quel bilan tirez-vous de vos actions passées ?
Le tournoi de l’année dernière a comptabilisé plus de 2000 entrées, 600 repas pour le midi et 50 bénévoles sur le terrain. Nous recevons également des dons d’entreprises et de particuliers que ce soit en nature ou financiers.  Nous voulons reste local et sommes transparents pour que les gens sachent ou va leur argent. Nous communiquons beaucoup sur notre page facebook, et dès qu’on fait un don, on l’annonce. Dernièrement, on a fait un don de trois voitures électriques à l’hôpital Minjoz de Besançon. Les enfants au lieu d’aller en brancard à l’intérieur de l’hôpital peuvent emprunter ces voitures. Ce don de 1000 euros a recueilli plus de 400 commentaires positifs. Nous insistons beaucoup sur le fait que 100% des dons sont redistribués.

Quelle est ou quelles sont vos plus grandes satisfactions ?
C’est de mettre un sourire où il y a beaucoup de tristesse. Notre association est en fait une bande d’amis, il faut un président, mais on est tous égaux. Nous ne recherchons pas de remerciements, mais de voir les sourires sur les visages quand on met du bonheur dans un océan de tristesse, ainsi que les contacts humains que nous pouvons créer réchauffe le cœur.
Mon plus beau souvenir est le premier tournoi, nous avons été surpris par le monde et par l’ampleur de l’événement. Il régnait également une ambiance particulière. Tout cela sans être connu. Nous sommes passés de 24 équipes la première année à 40 actuellement venant de la France entière avec 2000 personnes qui se sont déplacées.

Et vos plus grands regrets ?
Le plus grand regret est le fait qu’on doit exister…
On est capable de dépenser des milliards pour des choses subsidiaires, alors que pour des petites sommes qui paraissent insignifiantes, pas le moindre centime n’est dépensé par l’état. On risque de voir de plus en plus d’associations pour pallier à l’état régalien. Et je ne parle pas de la suppression du second SMUR à Lons le Saunier…
Un regret également de n’avoir pas pu répondre à une demande d’une famille de Perrigny qui nous avait contacté. Elle ne rentrait pas dans les statuts. Je crois que depuis ils ont monté une association.

La société a changé, pensez vous que le regard des gens sur la maladie a changé ?
On ose maintenant parler de la maladie, il n’y a plus de honte à être malade. Le monde médical a lui aussi changé, par exemple quand on introduit les clowns à l’hôpital. A l’image du Rire Médecin qui redonne aux enfants hospitalisés le pouvoir de jouer et de rire pour faire face à la maladie. D’ailleurs on voit que les enfants ont cette volonté de battre pour la vie avec une force de résilience extraordinaire. Je me souviendrai toujours du jour où nous allions voir Rose, quatre jours après son opération du poumon. Elle courait après le tram , une poignée de marguerites à la main pour les distribuer. Cela vous donne une énergie énorme pour continuer…

Avec un peu de provocation, on peut dire qu’il y a pléthore d’associations et que les gens sont beaucoup sollicités. Pensez-vous vous différencier des autres ?
Nous avons la chance d’appartenir à des corps reconnus avec des forces vives, un savoir faire et une abnégation dans l e travail. Il est donc plus facile pour nous d’intervenir  de crées des choses et de fédérer les gens. Nous sommes un peu comme des buvards sur la souffrance des gens qui nous ouvrent leur porte. On rentre dans l’intimité des personnes. Il n’y a pas de polémiques comme dans les grosses associations. Les plus modestes comme la nôtre ont un visuel que les autres n’ont pas. Le plus gros de nos recettes se situe au niveau des manifestations que nous créons. Les gens ont quelque chose à la place, soit un spectacle, un repas ou tout autre chose. Nous voulons rester local. Les gens savent pourquoi ils vont prendre un verre, un café ou un repas, loin des scandales des grandes associations.

Ludovic Stragiotti

Quels sont vos projets ?
Nous ne voulons pas grandir absolument. La plus grande manifestation restera le tournoi de Bletterans, avec en plus un diner dansant en 2019. On pense également organiser un concert, en association avec d’autres associations. Mais si cela se fait ce ne sera pas avant 2020.
Nous savons que l’association est populaire et proche du peuple. On ne cherche pas d’argent public, on ne fait pas de demandes officielles, on reçoit parfois des dons. Par contre la mairie de Bletterans nous met à disposition le stade et ses infrastructures gratuitement. Nous voulons surtout rester indépendants et libres de toute pression.

Dates à retenir :
29 juin 2019 : Tournoi au stade de Bletterans.
26 octobre 2019 : Souper dansant à la salle des fêtes de Montmorot.

Contact :
Mail : association.rose.39@hotmail.com
Tel : 06 83 57 76 65