6.500 manifestants disent « non » à la réforme des retraites

Selon les syndicats, la mobilisation a été à la hauteur des enjeux. Une mobilisation protéiforme et intergénérationnelle, avec de nombreux corps de métiers représentés.

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A Lons-Le-Saunier, la rue du commerce était entièrement remplie de manifestants, gilets jaunes en tête.

6.500  manifestants selon les syndicats, la mobilisation annoncée depuis belle lurette a tenu ses promesses avec 3.500 manifestants à Lons (2.000 selon la police), 2.500 à Dole (un chiffre corroboré par la police), et 500 à Saint-Claude (400 selon la police). Une majorité de syndicats étaient représentés : CGT, FO, FSU, Solidaires, CFTC retraités, UNSA Education, CGC, etc.
Parmi les manifestants, on comptait aussi beaucoup de non-syndiqués.
A commencer par de nombreux « gilets jaunes », comme cette retraitée révoltée par le « Macronat » : « Je ne manifeste pas pour moi, mais pour mes enfants, mes petits-enfants ». Une position partagée par Laurent Boitrand, secrétaire Ufap – Unsa Jura : « On se bat pour la jeunesse et son avenir » a-t-il déclaré, entouré de ses collègues surveillants pénitentiaires à la prison de Lons.
Et aussi pour défendre leur régime spécial de retraite, aligné sur les douanes et la police et « un départ à 57 ans ». Selon lui, le nouveau système par points entrainerait ipso facto une chute d’environ « 20 à 30 % » des pensions.

 

Des manifestations inédites depuis 2006

Même combat pour Frédéric Bruchon-Bienfait, délégué FO à l’entreprise Jura-Transports : « grâce à un congé de fin d’activité, nous pouvons partir en retraite à 57 ans ». Toutefois, selon lui « il ne faut pas monter les bénéficiaires du régime général contre ceux des régimes spéciaux. Ces derniers ne représentent en effet que 3% des salariés ».
De manière générale, les fonctionnaires ont été les mieux représentés dans les cortèges : il faut dire qu’ils ont le plus à perdre, le « deal » de la fonction publique ayant toujours été : plus petit salaire, mais meilleure retraite…
« 60% d’enseignants étaient grévistes dans le 1e degré » a même rapporté Baptiste Guillard, secrétaire départemental UNSA Jura.
L’impression générale est « qu’on n’avait jamais vu autant de monde » dans les rues du Jura depuis 2006 (contrat première embauche CPE). Selon la CGT par la voix de Richard Dhivers – son secrétaire départemental- « On sent un ras le bol général, les gens étaient aussi là pour le pouvoir d’achat et pour la justice sociale ».
Selon Sébastien Vacher, secrétaire général FO Jura, un tractage aura lieu vendredi 6 décembre à 7h30 à Dole au rond-point des Epenottes. Des actions se poursuivront aussi dans des entreprises privées.

A suivre : rassemblement à l’appel de CGT FSU et Solidaires samedi 7 décembre à 10h30 à Lons, place de la Liberté. Même jour, même heure à Dole devant la sous-préfecture.

A Dole, 2.500 manifestants (selon la police et les syndicats) ont battu le pavé.

Les jeunes aussi de la partie

Une délégation de terminales du lycée Paul-Emile Victor a aussi manifesté contre la réforme des retraites « et la précarité des étudiants », dénonçant le manque de moyens de pour suivre des études.
Des élèves étudiantes de l’IFSI (Institut de Formation en Soins Infirmiers) en fin de cursus étaient également présentes, car « dans 6 mois nous travaillerons et nous serons concernées ». Des jeunes globalement mieux représentés que d’ordinaire.