Aéroport de Dole-Jura : le modèle économique remis en cause

Une manifestation non-violente pour appeler à "l’arrêt des subventions publiques climaticides".

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Samedi dernier, à l’appel des associations Alternatiba et ANV-COP21 Besançon, une cinquantaine de personnes environ ont manifesté devant l’aéroport de Tavaux pour la diminution drastique du trafic aérien, “l’arrêt des subventions publiques climaticides” et ont appelé à une reconversion des emplois et du secteur aéronautique vers des modes de transports décarbonés.
Sur place, les militants ont formé une chaîne humaine, rappelant également l’importance de se mobiliser pour que la France respecte les objectifs de l’Accord de Paris de limiter le réchauffement climatique sous les +2°C voire +1,5°C.
Ont également été dénoncés “les licenciements massifs malgré les subventions colossales et l’aspect inégalitaire de l’aviation (50% des déplacements sont effectués par les 2% les plus riches de la population)”.
Autre doléance, qui n’est pas sans rejoindre une problématique déjà soulevée par la Région : “Nous préférerions que les subventions publiques œuvrent au développement du tourisme régional ou départemental, avec des flux entrant sur notre territoire, plutôt qu’elles servent à faire partir les habitants locaux afin qu’ils aillent dépenser leur l’argent au Maroc ou au Portugal”.

Les militants ont formé une chaîne humaine, rappelant ainsi l’importance de se mobiliser pour que la France respecte les objectifs de l’Accord de Paris.

“35 millions d’euros en 10 ans sortis de la poche du contribuable pour bénéficier à deux compagnies low-cost”

Pour l’aéroport de Dole-Jura le bilan chiffré a été sans appel :
“35 millions d’euros en 10 ans, financés en majeure partie par le département et donc le contribuable, pour bénéficier à deux compagnies low-cost ne payant pas d’impôts en France et pratiquant une politique de dumping social avec les carences que l’on sait pour leurs salariés” fustigeaient les responsables de la manifestation.
“Ici l’argent public finance le crash climatique” pouvait-on lire, par ailleurs, sur les banderoles.
Ce rassemblement qui a été organisé avec le soutien de France Nature Environnement Bourgogne Franche-Comté, Greenpeace Dijon, les Amis de la Terre 21, ATTAC, l’Union Syndicale Solidaires, Nature et Progrès ainsi que Nous Voulons des Coquelicots, s’est achevé dans le calme vers midi, puisque comme convenu, l’action programmée se voulait “non violente”.
“Ce qui ne nous empêche et ne nous empêchera pas d’utiliser parfois d’autres actions de désobéissance civile plus radicales pour faire entendre notre voix s’il le faut” soulignaient quelques militants.
Dans toute la France samedi dernier, ce sont au total plus de 2 000 personnes qui se sont mobilisées dans 19 aéroports pour exiger des mesures favorisant la réduction du trafic aérien, assorties d’un plan de reconversion pour les employés du secteur.

Sollicité par notre rédaction, le Conseil départemental n’a pas souhaité ni réagir ni commenter l’événement.