28% des jurassiens renoncent à se soigner

La CPAM du Jura a mis en place une cellule pour lever les freins, liés à des questions financières mais aussi à des à priori.

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Toute la CPAM du Jura se mobilise pour que les soins deviennent accessibles au plus grand nombre.

28%. C’est le pourcentage élevé de jurassiens qui renoncent à se soigner, d’après la CPAM (Caisse primaire d’assurance maladie) du Jura. Selon son directeur, Pierre-Yves Malinas, il y a là un paradoxe, dans une France reconnue pour sa protection sociale.
En analysant plus finement les statistiques, la CPAM s’est aperçue que le bât blessait –sans surprise- sur des soins mal remboursés. Parmi ces 28% de jurassiens non soignés, 64% renoncent à voir leur dentiste, 46% leur ophtamologue ou opticien, et 12% leur généraliste ! Des chiffres raccord avec des restes à charge souvent élevés (869 € ou 679 € pour des prothèses dentaires, ou 358 € pour des lunettes pour des exemples précis). 73% des renonçeurs évoquent bien des raisons financières (56% avancent un reste à charge trop élevé, et 17% du fait de devoir avancer les frais).
C’est pourquoi « la CPAM a mis en place en octobre 2018 une cellule pour les détecter et les accompagner » a expliqué son directeur, cellule placée sous la responsabilité de Laurent Portal. Selon ce dernier, « la détection est assurée par les services sociaux ou médicaux de la CPAM, ainsi que de nombreux partenaires (assistantes sociales, complémentaire santé, hôpitaux, etc.) ». Une démarche pro-active visant à ramener ces 28% de jurassiens non soignés à un taux plus proche de la moyenne nationale (25%) dans les années à venir.

Des coups de pouce financiers

Un long travail nécessitera aussi de briser des a priori : « 80% des jurassiens qui renoncent à se soigner possèdent une complémentaire santé, mais se disent : je ne sais pas combien ça va me coûter, dont je ne m’engage pas dans des démarches » a résumé le directeur. 27% des renonçeurs le font donc car ils ignorent le coût réel d’une prothèse dentaire, auditive ou de lunettes. Un coût certes élevé, mais abaissé grâce à la cellule de lutte contre le renoncement. Arnaud Viennet, vice-président du Conseil de la CPAM, a donné un exemple pour une prothèse dentaire : « 75 € de reste à charge pour un devis initial de 869 €». La cellule accompagne ses bénéficiaires pour demander un devis moins élevé ou une subvention, les dispenser d’avance de frais, leur proposer un bilan de santé, etc.
Du « sur-mesure » en attendant la réforme du reste à charge zéro, promise par Emmanuel Macron entre 2019 et 2022…

Contact : masante.cpam-lons@assurance-maladie.fr