Coronavirus-COVID-19 en Bourgogne-Franche-Comté : le bilan s’alourdit…

"La saturation nous guette, mais chaque jour qui passe est un jour de plus qui nous rapproche de cette interruption du chiffre croissant des cas les plus graves, que l’on attend..." estime Pierre Pribile, directeur général de l'Agence régionale de santé (ARS) de Bourgogne Franche-Comté.

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Ce vendredi 27 mars, la région Bourgogne Franche-Comté comptabilise pas moins de 139 décès liés à l’épidémie. Si le nombre de cas infectés n’est pas suffisamment précis pour le communiquer, on recense à ce jour 690 personnes hospitalisées, dont 185 en réanimation. 431 personnes sont quant à elle tirées d’affaire, sorties d’hospitalisation et considérées guéries ou stabilisées.
Même si la conjoncture s’avère de plus en plus alarmante, Bernard Schmeltz, préfet de la Région Bourgogne Franche-Comté, Préfet de la Côte-d’Or, se montre toutefois rassurant et optimiste.
“Le confinement est observé par plus de 99% de nos concitoyens, les verbalisations très rares l’illustrent. Dans notre région, il n’y pas eu de couvre-feu mis en place car ici il n’a pas été jugé utile de le faire”.
La mise en place de la nouvelle attestation n’a pas posé de problème particulier.
Au sujet des marchés désormais interdits, qui a provoqué une levée de bouclier de la plupart des commerçants concernés, certaines dérogations sont “instruites et calées”, elles l’ont notamment été en fonction de la configuration des locaux, de la largeur des espaces et de la possibilité de mise en place des mesures barrière…
“Nous privilégions l’offre alimentaire de proximité, surtout dans les zones rurales”.

Pour assurer le continuum de l’action publique

Le représentant de l’État a également insisté sur “le rôle des maires”.
“On a des contacts réguliers avec eux, pour assurer le continuum de l’action publique.
Ils ont un rôle à jouer sur l’identification des plus fragiles afin que les situations difficiles puissent être anticipées et prises en compte, et nous aider à apporter des solutions d’intelligence territoriale”.
Afin de conclure en remerciant et félicitant toutes les parties prenantes à cette situation inédite dans le pays :
Je veux dire bravo et remercier tous nos soignants, toutes nos forces de sécurité, tous ceux qui rendent possible le confinement avec la continuité économique : la production d’électricité, le ramassage des déchets, l’assainissement… Et bien sûr toutes les activités privées : chaines d’activité et de production en alimentation, grande distribution, personnels, matériels, services…”

La vigilance reste de mise

Pierre Pribile, directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) de Bourgogne Franche-Comté, tempère lui aussi la situation.
“La saturation nous guette, mais chaque jour qui passe est un jour de plus qui nous rapproche de cette interruption du chiffre croissant des cas les plus graves, que l’on attend…”
Les profils des plus touchés restent les mêmes que ceux indiqués dans la moyenne nationale.
Mais celui-ci se veut tout de même prévenant :
“Chaque situation individuelle est susceptible de ne pas épouser les statistiques… Ce n’est pas parce que l’on est du bon côté, que cela nous garantit de ne pas tomber malade, voire gravement malade !”
La vigilance reste donc de mise.

Objectif  : atteindre 300 places de réanimation disponibles d’ici quelques jours

En temps normal, sur l’ensemble de la région, un peu moins de 200 places sont réservées aux urgences et accidents de la vie…
Aussi, pour faire face à l’atteinte de la cote d’alerte qui se profile, une solidarité intra-régionale, en forme d’autorégulation, s’opère entre les établissements régionaux et la Suisse.
“Ces opérations médicales sont initiées par les médecins réanimateurs, les transferts entre hôpitaux sont courants. L’évaluation est individuelle, elle dépend de la stabilisation du patient, et de la capacité de l’hôpital accueillant”.
L’objectif est clair : atteindre 300 places de réanimation disponibles d’ici quelques jours.
“Un objectif tout à fait atteignable si nous disposons de matériel suffisant (notamment de respirateurs supplémentaires). On se doit de se projeter à plusieurs jours… Nous ne sommes pas à saturation mais à 15 à 20 patients de plus par jour, on se doit d’anticiper.
On se prépare aussi à des transferts vers le sud ou vers l’ouest de la France…”

Enfin des masques !

Le directeur général de l’Agence régionale de santé précisait par ailleurs :
“Nous venons de recevoir et sommes en train de répartir une livraison d’un million de masques… Une autre livraison est en attente”.
En parallèle, quatre millions de masques ont été commandés par la Région.
Évidemment, la situation des plus fragiles a aussi été évoquée.
Nous accordons une attention particulière à tous les personnels compétents et dévoués qui œuvrent dans les Ehpad. Dans chacun d’eux, des mesures de protection, de séparation et de traitement des résidents contaminés ou symptomatiques sont opérées.
Prisons, hôpitaux psychiatriques, structures pour handicapés, maisons d’accueil spécialisées, maisons de repos, sont logés à la même enseigne.

En cas de doute, il faut contacter son médecin traitant… (quand on en a un ! ) 

La consigne à la population reste de contacter son médecin traitant (quand on en a un !) sauf en cas d’urgence grave, auquel cas, c’est le 15 qui se charge de réguler.
Les praticiens se sont d’ailleurs très rapidement appropriés l’outil de téléconsultation puisque l’on en dénombre plus de 1000 par jour.
Une phase décisive s’ouvre devant nous, avec un pic attendu dans les prochains jours.
De plus en plus de laboratoires proposent des tests, mais il reste beaucoup de travail à accomplir et ceux-ci sont réservés aux patients les plus sévèrement atteints, ou au personnel soignant.
“C’est une question de priorité” assume le directeur de l’ARS.
Enfin les deux CHU de Dijon et Besançon sont actuellement en train d’intégrer l’étude “Discovery” avec plusieurs traitements expérimentaux qui incluent des patients dans des essais cliniques… A l’instar de plusieurs centaines d’autres en France.

Le confinement reste le remède le plus efficace

Alors que le premier ministre Edouard Philippe vient d’annoncer le renouvellement du confinement “pour 15 jours jusqu’au 15 avril, durant une période qui pourra être prolongée”, les autorités régionales insistent sur la nécessité d’un strict respect de la mesure.
“La mesure de confinement reste la plus efficace pour enrayer une épidémie. S’il n’y pas de contact, il n’y a pas de propagation. Mathématiquement, nous arriverons à atteindre une diminution de l’épidémie… Même si nous ne savons pas encore exactement quand allons-nous enfin constater les premiers effets, et voir s’infléchir cette croissance continue des malades”.

Une plateforme web pour les volontaires

Devant l’ampleur de la crise sanitaire et pour faire face aux tensions de personnels que la gestion de cette épidémie entraîne, l’Agence Régionale de Santé Bourgogne Franche-Comté met en place un dispositif d’appel à volontaires, pour renforcer les équipes des établissements de santé.
L’Agence rejoint l’opération #Renforts-Covid, « tous mobilisés pour le système de santé », lancée par l’ARS Ile-de-France et d’ores et déjà élargie à plusieurs agences (Hauts-de-France, Bretagne, Occitanie, Rhône-Alpes…)
Le principe de la plateforme en ligne https://www.renfort-covid.fr/ consiste à permettre aux établissements de santé de poster leurs besoins urgents en soignants et inviter dans le même temps les volontaires à proposer leurs compétences pour y répondre, qu’ils soient étudiants ou diplômés, actifs ou retraités, aides-soignants, brancardiers, infirmiers, ou bien médecins…
Les candidats se déclarent en un clic, les établissements annoncent leurs besoins en personnels soignants et c’est l’application MedGo qui fait le lien et les met en relation directe.
L’ARS Bourgogne-Franche-Comté se mobilise pour la promotion le plus large possible de ce
dispositif innovant d’ores et déjà opérationnel et appelé à monter très rapidement en puissance

 

Le nombre de victimes ne cesse d’augmenter dans notre région.