Jura. Des logements OPH plus adaptés à la santé ou au handicap

La visite d’un logement semblant inadapté à une locataire a permis d’en savoir plus sur la politique menée par l’OPH du Jura. Une politique qui essaie de faire du sur-mesure malgré les contraintes budgétaires.

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Karine Descloux a du mal à se déplacer en fauteuil roulant dans son logement, mais 11.000 € y ont déjà été investis.

Comment rester dans son logement alors qu’une maladie, un accident de la vie, ou tout simplement la vieillesse s’y invite ? Selon son directeur général, Eric Poli, l’OPH du Jura essaie de s’adapter à chaque cas particulier en mobilisant un budget de 500.000 € par an. Ce qui depuis 3 ans représente déjà 1,5 million € mis sur la table pour des aménagements variés : «le plus souvent pour la salle de bains, en remplaçant la baignoire par une douche pourvue de barres de maintien et d’un revêtement antidérapant par exemple ». Ce qui a été le cas chez une lédonienne, Karine Descloux, invitée par la liste Atout Lons à faire part de ses difficultés. Selon la locataire en fauteuil roulant, qui aurait fait plusieurs demandes pour le quitter ou l’aménager, aucune réponse satisfaisante n’aurait été apportée par l’OPH. « Faux » rétorque Eric Poli : « 11.000 € de travaux ont été réalisés dans son logement : 6.300 € pour la salle de bain donc, mais aussi 2.500 € pour la cuisine », de façon à abaisser le plan de travail et les interrupteurs ou prises électriques.
Stéphane Cretiaux, directeur de l’agence lédonienne enfonce le clou : « On adapte vraiment le logement à la personne, on va même jusqu’à abattre des cloisons ou élargir des ouvertures. A Tavaux par exemple, nous avons aménagé une maison entière autour d’un locataire dont l’état de santé s’est dégradé, passant de la béquille au déambulateur puis au fauteuil roulant ». L’autre solution envisageable, à savoir reloger ailleurs l’intéressé, ne va pas de soi, par exemple à Lons : « En centre-ville, il y a très peu de logements adaptés, car la plupart se trouvent au 1er et au 2e étage, sans ascenseur ». Des ascenseurs qui ne courent pas les rues, et qui limitent de fait beaucoup le champ des possibles.

L’alcool et la drogue, autres problèmes exponentiels

A contrario, tous les programmes neufs comportent un quota de logements accessibles aux personnes à mobilité réduite, mais ils constituent une minorité des 10.000 logements gérés par l’OPH à travers le Jura. A force d’adapter ses logements à une population vieillissante, Eric Poli estime qu’environ un tiers du parc est désormais en phase avec les problèmes de santé ou de mobilité de leurs occupants. « Des occupants attachés à leurs logements, c’est un vrai deuil d’en partir » explique-t-il. Une dimension psychologique prise en compte par un service dédié (service management et vivre-ensemble composé de trois personnes), de même que d’autres problèmes de société : « Les problèmes liés à l’alcool et aux drogues prennent des proportions exponentielles » confie Eric Poli. A tel point que l’OPH du Jura a fait appel à l’état, s’estimant dépassé par les évènements malgré les moyens mis en place : « Lorsqu’un loyer n’est pas payé durant 1, 2 ou 3 mois, nous allons à la rencontre des intéressés plutôt que d’envoyer des lettres de relance ». Un vrai travail d’accompagnement donc l’OPH se dit plutôt fier, même s’il n’est pas parfait.

Marion Balorin, chargée de communication, Eric Poli, directeur général, et Stéphane Cretiaux, directeur d’agence (de g. à d.).

Des coups de pouce financiers pour le rafraichissement

L’OPH distingue la rénovation du logement de son embellissement : ainsi peintures ou papiers peints sont à la charge du locataire, ainsi que le stipule la loi. Selon Stéphane Cretiaux, l’allégation selon laquelle « l’OPH fournit des rouleaux de papiers peint, à charge ensuite pour le locataire de se débrouiller » sont fausses. Selon lui, le conseil d’administration de l’OPH a décidé d’allouer des fonds pour donner un coup de pouce aux locataires : 80 € pour rafraichir une chambre, 200 € au total pour un appartement. Idem lors de l’emménagement, où une enveloppe allant d’une centaine à plusieurs centaines d’euros peut être allouée au cas par cas, pour adapter le logement au goût du nouvel occupant.