2021 : l’embellie se dessine en Bourgogne Franche-Comté

La Banque de France a tiré les leçons de 2020 pour se projeter dans la nouvelle année avec un certain optimisme.

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Plus c’est long, plus c’est bon : un adage qui sied mal à la crise économico-sanitaire qui n’a que trop duré. Il faudra toutefois encore s’armer de patience pour voir le bout du tunnel. Ainsi selon Denis Prat, directeur jurassien de la Banque de France, « trois scenarii de reprise ont été élaborés », grâce à l’enquête de conjoncture annuelle, menée auprès de 1000 entreprises régionales. Et tandis que le plus optimiste prévoit le début d’une nouvelle ère économique fin 2021, le plus pessimiste la situe plutôt…fin 2023 ! Conséquence : l’inflation (qui jusqu’à 2% reflète le dynamisme économique) actuellement proche de 0 n’est attendue qu’aux environs de 0,6% en 2022. « L’année 2021 restera difficile » concède Denis Prat, avec un taux de chômage attendu autour de 11% au milieu de celle-ci, puis une décrue vers 9% à l’horizon 2022-2023. Mais l’embellie se dessine, avec une croissance du chiffre d’affaires attendue par les chefs d’entreprises entre 4 et 5% en moyenne dans la région : 7% pour l’ingénierie, 4,8% dans le transport ou encore 4,1% dans le BTP (même si les carnets de commande dans le second œuvre laissent apparemment à désirer). Autres points positifs : un maintien des effectifs et une rentabilité des entreprises prévue en forte progression. Enfin, les ménages s’en sortent mieux, puisque globalement « leur pouvoir d’achat a été préservé, et leur taux d’épargne a explosé » durant la crise.

2020, annus horribilis

Rien ne sert de regarder l’avenir sans savoir d’où l’on vient. La Banque de France a ce fait précisé le bilan de l’année grâce à certains chiffres clé.  La Bourgogne Franche-Comté sacrifié -12% de croissance à la  Covid en 2020, avec des secteurs particulièrement impactés comme industrie (-12 %), d’autres bien moins comme l’ingénierie (-4%). Fait remarquable, le commerce de détail semble avoir « tiré son épingle du jeu » grâce au désir de proximité des consommateurs, les supermarchés et hypermarchés étant quelque peu boudés. Denis Prat a rappelé au passage que le PIB de la France a chuté de « 8,3% une situation sans précédent depuis 1945 ». Et si les effectifs salariés ont connu une certaine stabilité, les intérimaires ont pris cher : -27 %, toujours pour la région. Presque autant que les investissements (-25%, « fortement retardés ou suspendus » alors que les intentions début 2020 étaient à l’opposé… Quant au déficit public il atteint désormais 120% du PIB (versus 100% pour la moyenne européenne), et sa réduction prendra au moins 10 ans, à partir du moment où la conjoncture sourira de nouveau à notre pays.

Bilan et prospective par secteur

INDUSTRIE : Forte baisse en 2020, reprise partielle en 2021

En 2020, les chiffres d’affaires ont baissé de 12,0%. Les investissements ont reculé de 24,7% et les effectifs se sont affaiblis (-4,2%). Pour 2021, les chiffres d’affaires devraient augmenter de 4,6%, les effectifs se stabiliser (-0,1%) et les investissements rebondir (+29,1%).

CONSTRUCTION : Recul en 2020, rattrapage en 2021

En 2020, les entreprises interrogées font état d’une baisse de la production (-5,4%), d’une stabilité des effectifs (+0,1%) et d’un repli des investissements (-21,3%). Pour 2021, le rebond de la production serait de 4,1%, tandis que les effectifs se renforceraient (+1,0%). Les investissements se stabiliseraient (+1,7%).

TRANSPORTS : Ralentissement en 2020, progression modérée en 2021

En 2020, les volumes d’affaires ont diminué de 7,6%, les effectifs sont en retrait (-2,6%) et les investissements ont ralenti (-23,4%). Pour 2021, une croissance plus modeste de l’activité (+4,8%) est attendue. Les effectifs augmenteraient de 1,5% et les investissements de 1,8%.

INGÉNIERIE : Diminution en 2020, rebond en 2021

En 2020, l’activité s’est contractée de 4,2%, mais les effectifs ont progressé de 1,3%. Pour 2021, l’activité devrait rebondir (+6,9%), la croissance des effectifs devrait s’accélérer (+5,4%) et les investissements se stabiliseraient (+1,9%).