2019 dans le rétro…

Bref retour, en mots et en images, sur l'année qui vient de s'écouler.

296

Janvier : le Grand débat, un exercice passionné et passionnant

Applaudissements nourris, véhémentes protestations, interpellations directes des élus locaux et nationaux présents dans la salle : les grands débats organisés dans le Jura ont tenu une partie de leurs promesses…
« On a libéré la parole, il y a beaucoup de tensions dans notre société » a résumé Christophe Bois, animateur du débat lédonien. Prônant le « vivre ensemble » et la restauration du lien social, le conseiller municipal en charge des affaires sociales a dépeint la soirée comme une sorte de « grand repas de famille » où chacun a fait valoir ses positions, échangé, et argumenté.
Même son de cloche à Dole pour le maire Jean-Baptiste Gagnoux qui s’est saisi du micro à Dolexpo, afin de poser le cadre de l’exercice.
Un peu partout, les sujets des discussions ont été choisis parmi les 84 questions listées par l’exécutif à travers quatre thématiques : transition écologique, fiscalité et dépenses publiques, démocratie et citoyenneté, et l’État et les pouvoirs publics.
Ceci afin de permettre aux synthèses de remonter au national et d’être exploitables.

 

Mars : le blues des maires du Jura s’amplifie

A près d’un an des élections municipales, un maire sur deux seulement envisageait de se représenter. Une situation inédite qui interpelle sur la place des communes, leurs compétences et surtout leur devenir.
Dans un long message, un maire ordinaire s’est glissé dans la peau de son village, et dresse la chronique d’une mort annoncée : « Je constate avec un certain effarement qu’une voie m’est toute tracée. En effet, ma mort est bien programmée : en un peu plus de deux décennies, j’ai perdu mes piliers, je me vide de mon sang, je suis handicapé, je ne suis plus audible, je dois suivre des thérapies qui pour l’instant n’ont pas grand effet, je ne peux plus garder mon nom”.
En cause -et entre autres- des transferts de compétence vers d’autres structures, ou de nouvelles compétences sans moyens pour les exercer, mais surtout l’impression d’être devenus invisibles.
« Il y a quelque chose qui m’échappe ! J’entends depuis longtemps que l’obésité est un risque majeur pour la durée de vie, donc mes grandes sœurs les communautés de commune, devraient faire attention ».

Mai : une cellule départementale dédiée à la bientraitrance animale

Le sujet tabou de la bientraitance animale a fait couler beaucoup d’encre, après les images chocs diffusées par l’association L 214, ou après les attaques de boucheries par des militants antispécistes.
Face à ces questions brûlantes, une cellule pour la bientraitance animale est née en mai. Pilotée par la chambre d’agriculture du Jura et le groupement de défense sanitaire (GDS), la cellule départementale opérationnelle de prévention a été mise en place, pour « détecter de manière précoce les éleveurs en difficultés (économique et/ou sociale) » explique Eric Pierrel, directeur du GDS 39.
Son objectif consiste en effet à intervenir suffisamment en amont pour trouver une solution favorable à l’éleveur et à ses animaux, et dénouer des situations souvent complexes, sachant que « son champ d’action se limite aux ruminants (et non par exemple aux équins) » précise Eric Pierrel.

Juillet : le Jura, terre promise pour la Grande Boucle

Après un bref passage en 2019 dans le Triangle d’Or et une petite partie de la bresse jurassienne, désormais les regards se tournent vers le 17 juillet 2020 et Champagnole où le Tour de France fera escale lors de sa 19e étape dans la Perle du Jura.
Pour l’occasion, des millions d’yeux seront braqués vers le Jura : « Il s’agit du 3e évènement sportif au monde, après les Jeux olympiques et la Coupe du monde de football » a rappelé en préambule Guy Saillard.
« Sur les 160 km de l’étape Bourg-en –Bresse Champagnole, 130 km seront courus dans le Jura avec des endroits magnifiques, comme la montée de Château-Chalon ou la forêt de la Fresse ».
Clément Pernot, conseiller municipal, communautaire, et président du Conseil départemental n’a pas caché ses liens amicaux avec Christian Prudhomme, organisateur du Tour de France, qui ont une fois de plus permis au Jura de faire partie des heureux élus.
« Le tracé sera modifié par rapport à la première présentation, mais il passera par nos trois cantons historiques : Champagnole, puis Nozeroy et Les Planches en Montagne avant de revenir à Champagnole » a-t-il précisé.
Pour cette valorisation touristique du Jura par le cyclisme, Champagnole (ville d’arrivée) mettra 60.000 € sur la table, tout comme la communauté de communes Champagnole Nozeroy Jura (60.000 €).

 

Septembre : plus de 8.000 chasseurs pour l’ouverture

164,2 kilos : c’est le poids de ce sanglier record prélevé le 10 septembre (jour de l’ouverture générale de la chasse) par l’ACCA de Conliège, à proximité de l’ancien cimetière Saint-Etienne de Coldre.
Un trophée qui a fait tomber celui de novembre 2015 où une chasseuse avait tué un sanglier de 145 kilos en forêt de Chaux. Ce coup de fusil magistral illustre la très bonne santé du cheptel dans tout le Jura.
« On s’attend à une nouvelle année record dans ce domaine » explique Christian Lagalice, président de la fédération de chasse.
En cause, le réchauffement climatique : « Seuls les grands froids impactent la survie des marcassins, autant dire que les sangliers sont heureux ! ».

Octobre : le premier ministre en débat dans le Jura

C’est une réforme tellement brûlante que plusieurs gouvernements s’y sont déjà cassé les dents. Il fallait donc bien la visite d’un premier ministre (le dernier Edouard Balladur, était venu il y a 25 ans…) pour déminer le terrain.
Ainsi, Édouard Philippe s’est présenté devant une centaine de jurassiens pour susciter l’adhésion à un système de retraite universel, impliquant en principe la disparition de 42 régimes spéciaux (…une promesse de campagne du candidat Macron). Le Premier ministre a d’entrée de jeu donné le ton : « Il y a trois principes simples sur lesquels ont ne peut pas transiger : un système universel, pour que chaque euro cotisé ouvre le même droit. Un système par points : chaque heure, chaque jour travaillé ouvre des points » permettant de savoir à tout instant combien de points vous avez cumulé.

 

Novembre : le SOS des agriculteurs

Opération escargot, préfecture « bâchée en rose » (et peut-être demain opérations “Achetez français” dans les grandes surfaces ?) : depuis près d’un mois, comme partout ailleurs, les agriculteurs jurassiens multiplient les actions « coup de poing » pour faire entendre leur « mal de terre ».
Un mal qui frappe alors qu’un agriculteur se suicide déjà tous les deux jours en France, et que 30% des exploitants ont un revenu inférieur à 350 € par mois selon la Mutualité sociale agricole (MSA)..
La FDSEA du Jura, son président Christophe Buchet en tête, dénonce une « diabolisation de nos métiers : fake news, émissions à charge, incendies et destruction de nos bâtiments, agressions, injures, etc… ».
Lors de l’opération de « bâchage » de la préfecture à Lons-le-Saunier, une agricultrice ne cachait ainsi pas son amertume, contre certains médias nationaux et Elise Lucet (Cash investigation) en particulier, accusés de relayer des messages confinant à la diffamation.
Selon Cédric Bongain, « La France lave plus blanc que blanc », mais ouvre en même temps son marché à des modèles économiques industriels, basés sur des normes révolues en Europe.
« N’importons pas l’agriculture dont nous ne voulons pas » scandent des agriculteurs soutenus par la FDSEA et les JA, afin de bouter le CETA (et le MERCOSUR) hors de France.

 

Décembre
Ruralité : stop ou encore ?

« L’avenir est entre nos mains » : pour Yves Krattinger, président (P.S) du conseil départemental de Haute-Saône (70). « Rien ne sert d’attendre que Paris daigne se préoccuper de ses territoires ruraux ».
Invité par Clément Pernot, président (L.R.) du conseil départemental du Jura à débattre de « La ruralité, stop ou encore ? », le haut-saônois n’a pas mâché ses mots mettant en parallèle ruralité et banlieues, qui a elles deux représentent « 55% des français qui souffrent ».
Selon Emmanuel Faivre, son directeur général des services « la taux de pauvreté avoisine 19% en ruralité contre 11% dans les espaces urbains ». Avec pour corollaire « 30 à 35% des citoyens qui n’écoutaient plus rien lors des élections de 2015, qui avaient largué les amarres ».
Alors que faire ? Selon Yves Krattinger, certainement pas des propositions « fantaisistes » comme ressusciter les bistrots de villages. Le président de la Haute-Saône a donc fondé un laboratoire de recherche pour la ruralité qui a diagnostiqué quatre maladies et préconisé onze remèdes pour ne pas voir la ruralité dépérir. Des remèdes parfois innovants…