Champignons : des mines d’or dans nos forêts

Alors que 300 cueilleurs illégaux viennent d’arriver, les jurassiens s’apprêtent à leur couper l’herbe…ou plutôt le champignon sous le pied. Derniers détails sur une grande « première »…à priori lucrative.

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Plus de 150 personnes sont venues s'informer à Montrond : un franc succès pour cette "première" dans le Jura.

On l’avait annoncé (notre édition du 2 septembre), c’est confirmé : depuis le 9 septembre, des forêts du Jura se transforment en « Far East » pour tout ceux que la soif de l’or, ou plutôt du champignon, intéresse.
La réunion d’information, organisée le 5 septembre à Montrond (près de Champagnole) par l’association des communes forestières (CORFOR) du Jura, a fait salle comble, avec plus de 150 participants. Une réelle satisfaction pour Claude Giraud, maire de Montrond et Michel Bourgeois, président des COFOR jurassiennes. Plusieurs cueilleurs sont motivés pour lutter contre les illégaux, venant chaque année en masse de Roumanie pour perpétrer de véritables razzias : « Je veux éviter qu’ils viennent dégrader nos forêts. On en a assez de voir toutes ces camionnettes» confie anonymement l’un d’eux.

Entre 3 et 6 € le kilo, suivant son calibre et l’offre et la demande…

Même son de cloche pour un autre qui s’est dit choqué de « les voir arriver en masse dans une grande surface de Poligny » et y semer une certaine zizanie. Au-delà de cette fibre « patriotique », les cueilleurs ont également fait leurs comptes. Guy Belin, gérant de la « Forestière du champignon », qui achètera et écoulera les lactaires sanguins avait fait le déplacement depuis Golbey (Vosges) pour confirmer l’intérêt de la chose : « Le cours du champignon évolue entre 3 et 6 € le kilo, suivant son calibre et l’offre et la demande. Un cueilleur peut en ramasser jusqu’à 20, 30 voire 40 kg par jour ».
De quoi générer sur un mois une confortable rentrée de 1.500, 2.000, 3.000 € ou davantage… à condition toutefois que la pousse soit prolifique. Pour l’instant, elle manque de pluie, et Guy Belin a annoncé qu’il faudrait « au moins 30, 40 voire 50 mm de précipitations » pour réamorcer celle-ci. Mais le gérant n’a pas caché ses espérances : « Vous avez une ressource inépuisable à mettre en valeur » a-t-il déclaré aux maires jurassiens, les lactaires (jaunâtres) appréciant les terrains calcaires et l’ombrage des résineux. De quoi voir l’avenir en jaune…

Contact : COFOR Jura 03 84 24 86 68

Stéphane Hovaere

Guy Belin, gérant de la Forestière du champignon a affirmé haut et fort que les forêts du Jura recélent des trésors.

Comment cueillir ?

Après avoir obtenu une carte d’identification dans une mairie participante (liste ci-dessous), Guy Belin a donné de précieux conseils : être vêtu d’un gilet de couleur vive; éviter tout conflit avec un cueilleur illégal mais avertir la gendarmerie de la présence d’un groupe; cueillir si possible à plusieurs ; couper au couteau les lactaires en laissant 2 à 3 cm de pied ; ne pas toucher les fragiles lamelles ; proscrire les sacs plastiques et utiliser des paniers ou des cagettes aérées ; apporter sa cueillette chaque soir à Champagnole ou Poligny (détails à venir). Et pour finir empocher en liquide chaque soir le fruit de sa récolte…

Les seules forêts autorisées 

Aiglepierre, Andelot en Montagne, Barretaine, Chatelneuf, Dournon, Gillois, La Châtelaine, Le Larderet, Les Nans, Marigny, Montrond, Poligny, Saint-Germain-en-Montagne, Tourmont, Valempouillères, Vers-en-montagne, La Faye de Montrond, Les Moidons (liste au 10/09).