Ney : Le Land art Park dévoile l’« Origine du monde »

Le Land Art Park créé par la communauté de communes fera à nouveau l’évènement cet été : outre un dinosaure végétal de 300 mètres de long, le célèbre tableau de Gustave Courbet se dévoilera sur 150 mètres de long

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Vu du ciel, ce Haricosaure a vraiment de l'allure (en bas à gauche la ferme qui accueille public et bénévoles).

C’est une toile qui n’a pas laissé insensible à son époque : par « l’Origine du monde » (dévoilant l’intimité féminine), Gustave Courbet souhaitait rendre hommage à celles par qui la vie vient sur terre. Une origine du monde artistique mise en valeur par Pierre Duc, réputé pour ses gigantesques œuvres de Land Art déjà réalisées à Ney, entre autres : la Joconde géante (1992), le timbre de Pasteur (9 ha en 1995), l’euro de 6,6557 ha en 1998, le Jura illuminé, Pasteur saluant le tour de France en 2017, etc. Le défi était de taille pour l’artiste puisque la toile du maitre réalisée en matériaux naturels ou vivants (plantes) s’étalera sur 150 m sur 80 m…sans toutefois choquer personne. « Grâce à un procédé appelé anamorphose, elle ne dévoilera ses secrets que depuis un édifice d’environ 5 m de haut » confie le maitre de cérémonie, un édifice que les visiteurs auront le choix de gravir…ou pas. Au-delà de cette innovation aussi spectaculaire qu’audacieuse, un musée à ciel ouvert accueillera juste à côté une exposition d’une trentaine d’œuvres de Courbet (dessinés par Pierre Duc, et nantis d’explications et de flash code). De quoi entreprendre un voyage dans le temps qui sera prolongé par le fameux « Haricosaure ».

Un hommage aux 200 ans de Courbet

Né d’un curieux croisement entre des dinosaures (qui ont fréquenté le site tout proche de Loulle) et des haricots ramants, le géant fera son retour après avoir créé l’événement l’an dernier : 6267 visiteurs avaient fait le déplacement l’an dernier pour le parcourir en tout sens, puisqu’il recèle en son sein un labyrinthe végétal de 2.850 mètres. Maïs et courges donneront encore plus de mystère aux mille et uns recoins à explorer : de quoi s’amuser un bon moment en famille, mais aussi s’instruire. Depuis le début du projet initié par la communauté de communes Champagnole Nozeroy Jura (CNJ), son président Clément Pernot a en effet à cœur de réaliser un challenge à la fois touristique, ludique, pédagogique et artistique. Moyennant une modeste contribution, les visiteurs pénétreront dans l’emprise du site via la Pangée (continent unique datant de 4 à 4,5 milliards d’années) avant d’entamer un voyage dans le temps en entrant dans la gueule du Haricosaure : “Des panneaux informatifs jalonneront ce labyrinthe” a expliqué Clément Pernot, qui espère ainsi « fixer sur le territoire ou les attirer » des visiteurs ou des touristes faisant vivre l’économie locale. Il s’agit aussi d’« honorer Gustave Courbet, artiste franc-comtois, en cette année 2019 qui marque le bicentenaire de sa naissance ». Avec autant d’atouts, nul doute que ce challenge monumental, qui a été inauguré le 5 juillet par les élus et par un concert de musique, frappera fort.

Land art park, entre Ney et Champagnole (suivre panneaux). Ouvert dès le 6 juillet jusqu’en septembre, tous les jours de 14h à 19h. Informations : www.champagnolenozeroyjura.fr

 

Pierre Duc (au centre) était auparavant professeur de dessin à Champagnole.

A admirer aussi de haut

Selon Clément Pernot, un circuit pédagogique et touristique sera mis en place pour relier le Haricosaure à ses illustres ancêtres dinosaures de Loulle. Les visiteurs seront invités à rejoindre le belvédère de Benedegand, offrant une belle vue sur les deux œuvres de land art. De là, il leur suffira  d’une trentaine de minutes à pied pour rejoindre le site des dinosaures de Loulle (site qui abrite 1.500 traces datant de 155 millions d’années). Pour terminer ce parcours culturel, les visiteurs pourront rejoindre le lapiaz de Loulle illustrant les  formations karstiques du Jura. De quoi “générer de l’émotion et du rêve associés au fait culturel” selon le président de CNJ.