​SKF déploie à nouveau ses ailes

Malgré un plan de sauvegarde de l'emploi et de sérieux trous d’air, l’entreprise aéronautique crée un campus pour former des tourneurs et autres rectifieurs.

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Brice Comment, patron de SKF, espère former des techniciens parfaitement opérationnels.

La pandémie sanitaire a coupé les ailes des avionneurs et du trafic aérien, en particulier long courrier. Après avoir envisagé de supprimer 110 postes au sein de son usine lédonienne, SKF est parvenue à limiter les dégâts, « grâce au chômage partiel » mis en place par l’Etat, et « dans le dialogue social » (pas d’actions de débrayage) précise son directeur, Brice Comment.
Malgré « un traumatisme pour tous », neuf départs contraints ‘seulement’ sont à déplorer dans cette traversée du désert où « l’activité a chuté de 40% » rappelle Brice Comment. Il faut dire que chaque site SKF est spécialisé sur un type d’avion, et que celui de Lons est lié au destin de l’A 350, un long courrier bien plus impacté par la pandémie que son petit frère l’A 320, destiné aux vols intérieurs. Malgré tout, l’unité lédonienne a fait preuve de résilience au plus fort de la crise, en élaborant un plan de relance 2020-2024, avec « un maintien des investissements, à un niveau même plus ambitieux qu’avant la pandémie, et la création d’un campus de formation : Jura Innov’ Campus » détaille le directeur de ce fleuron industriel.

A quand un ciel moins sombre ?

Objectif : anticiper une reprise d’activité, à partir de 2022 et 2023, à raison de « + 10 à 15% par an » permettant de retrouver un niveau d’activité normal aux alentours de 2024. Pour ce faire, le leader mondial des roulements et de la mécatronique aura besoin de profils techniques, tout comme d’autres industriels, tels que Diager à Poligny.
Or « il n’existe pas d’école de rectifieurs en France » révèle le directeur, et les tourneurs ou les opérateurs régleurs ne courent pas les rues. D’où ce campus, qui formera 5 à 7 ouvriers à partir de la rentrée 2021 (formation longue de 6 à 12 mois) « qui compenseront les départs en retraite » selon Brice Comment.
L’objectif fixé à 30, voire 50 techniciens par an à partir de 2023, ceci grâce à la mutualisation avec d’autres industriels jurassiens et de nombreux partenaires. Jura Innov’ Campus  dispensera aussi à moyen terme 100 à 200 formations courtes par an précise Ludivine Lambert, chargée de mission ressources humaines, par exemple une formation courte d’une semaine pour digitaliser le site lédonien et viser le « zéro papier ».
Enfin, faute d’assez de vols intercontinentaux, SKF se tournera davantage vers l’aéronautique militaire confie Brice Comment, un secteur qui n’a pas pâti de la crise. De quoi envisager un ciel moins sombre…

Le site de Lons fabriquait beaucoup de pièces pour l’A350 et se réoriente vers le militaire.