Jura. Lons-le-Saunier. ​La vidéo-surveillance étendue aux 117 caméras de Lons

Pour son dernier conseil municipal, Jacques Pélissard avait mis à l'ordre du jour un dossier particulièrement sensible qui déchaîne les passions.

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Les 117 caméras de la ville pourront désormais être contrôlées en direct, si besoin. Photo d'illustration.

Jamais conseil n’avait été aussi dense, ni aussi suivi. Devant plusieurs lédoniens ou ex-collaborateurs de la ville, Jacques Pélissard a achevé ses 31 ans de mandat par un dossier qui lui tenait à coeur : la vidéosurveillance.
Un terme qui change tout selon Anne Perrin, conseillère Municipale (EELV) : « Vous voulez passer d’un dispositif où les images sont enregistrées et visionnées dans le cadre d’une enquête (système actuel de vidéoprotection N.D.L.R.), à un système de surveillance en temps réel”. Selon elle, il faut dire “non à cette politique des petits pas qui nous porte au fil du temps vers les pires dérives. La reconnaissance faciale, nous y sommes”.
Selon elle,  “le gouvernement utilise déjà ce procédé”, faisant référence au secrétaire d’État au numérique, Cédric O, qui a évoqué fin décembre une expérimentation de six mois à un an de la reconnaissance faciale dans l’espace public. Anne Perrin a surtout pointé du doigt les lacunes de la vidéosurveillance : “un coût exorbitant, un  déplacement des délits hors du champ des caméras, et une atteinte aux libertés individuelles” puisque le préfet (Direction départementale de la sécurité publique) et le futur maire de Lons seront presque seuls à avoir la main sur l’évolution du dispositif. Julien Da Rocha, bien connu pour ses divers engagements citoyens, en a rajouté une couche en interrompant avec force le vote de la délibération : “C’est inadmissible ! C’est inadmissible !” s’est-il écrié à plusieurs reprises. Scandalisé que cette question majeure passe “en catimini” lors du dernier conseil de la mandature, il a demandé son report, afin qu’elle entre dans le champ du débat public de la  campagne des municipales.

« Une décision illégale » s’est écrié un opposant

En vain, puisque le conseil municipal a adopté cette résolution, hormis les élus de la minorité (liste Changer de cap), rejoints par Gérald Grosfilley (candidat sur la liste Atouts Lons). Jacques Pélissard avait auparavant développé ses arguments, expliquant que ce dispositif existe déjà à Lons : les treize caméras donnant sur le parvis de la médiathèque des Cordeliers peuvent déjà être surveillées en direct par l’administration pénitentiaire, puisqu’elles couvrent le mur de la prison. Par ailleurs, selon la délibération votée : “L’opérateur de la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP) du Jura prendra le contrôle des caméras pilotables, pour un temps limité, en vue de la gestion d’un événement opérationnel », tel par exemple la survenue d’un délit. « Il est précisé qu’en aucun cas la DDSP 39 ne s’engage à visionner les images en permanence”.  Malgré ce “passage en force” dénoncé par les candidats de la liste ‘Changer de cap’, le feuilleton n’est pas terminé. Anne Perrin a en effet conclu “Nous combattrons sans relâche cette délibération qui nous emmène sur des pentes  dangereuses”. Julien Da Rocha a également dénoncé “une décision illégale” : La surveillance systématique à grande échelle d’une zone accessible au public nécessite selon lui “une Analyse d’impact sur la protection des données” (AIPD) auprès de la CNIL, AIPD qui n’aurait pas été réalisée. Il a donc saisi cette dernière dès le lendemain du conseil municipal, ainsi que la préfecture. Quant à Gérald Grosfilley, il avait auparavant appelé à “un référendum après les élections”.